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L'homophobie bien vivante dans le monde arabe

Le mardi 17 mai 2016

Sodiane Chouiter, François Daoust et Raymonde Provencher
Sodiane Chouiter, François Daoust et Raymonde Provencher     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Au Maghreb comme dans plusieurs autres pays du monde, l'homosexualité demeure un crime et les membres de la communauté gaie et transgenre risquent leur vie chaque jour. À l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, le militant tunisien Rami Ayari, le chercheur François Daoust, l'avocat Sofiane Chouiter et la documentariste Raymonde Provencher expliquent à Catherine Perrin que la frustration sexuelle des sociétés arabes a atteint son comble. 
 
« Il n'y a pas de droits pour les homosexuels en Tunisie, malheureusement. On n'a pas le droit de travailler, on n'a pas le droit de faire nos études, on est rejetés par la société, même par le gouvernement... De tous les côtés », dit Rami Ayari, qui a dû annuler la conférence qu'il devait donner la semaine dernière à Montréal après s'être vu refuser un visa par le gouvernement canadien. « On ne peut même pas porter plainte contre quelqu'un qui nous harcèle ou nous agresse sexuellement, parce qu'on risque d'aller en prison et d'être victimes de l'article 230, qui pénalise les rapports homosexuels. » 
 
La frustration crée l'intolérance 
Sofiane Chouiter souligne que les gestes d'éclat de Rami Ayari ont au moins le mérite d'amener la question des droits des personnes homosexuelles dans la sphère publique, ce qui n'a pas lieu en Algérie. « Je l'ai vécu pendant presque 40 ans : la frustration sexuelle, l'oppression, la société macho... Ça engendre – je l'ai constaté en pratiquant le droit comme avocat criminaliste – beaucoup d'affaires de harcèlement sexuel, de viol et de pédophilie », souligne-t-il. Il ajoute qu'il n'y a pas non plus de prise en charge des victimes, qui évitent de porter plainte par crainte de déshonorer leur famille. « Ce sont des jeunes, très, très jeunes, de 19 ans, 20 ans [qui commettent les crimes]... C'est la frustration accumulée! » 
 
Chair à canon 
François Daoust rappelle que dans ces pays, même les partis, les organismes et les intellectuels qui devraient normalement appuyer les droits des personnes LGBT choisissent plutôt de se faire du capital politique en s'affichant contre les pratiques homosexuelles. « Les minorités sexuelles sont utilisées un peu comme une chair à canon, comme un enjeu politique, indique-t-il. C'est facile de faire de la propagande, d'exciter les passions. » 
 
Prêts pour autre chose 
Dans le documentaire Café Désirs, Raymonde Provencher explore le lien entre la moralité répressive imposée par l'islam en Algérie, la pauvreté et la violence. Elle estime que l'espoir d'un changement passe par les femmes, qui ont dernièrement acquis plus de droits, par la diaspora, mais aussi par ces jeunes qui ont accepté de lui parler pour son film. « Ces jeunes sont fantastiques, dit-elle. Ils sont allumés, ils sont branchés, ils ont des opinions, ils ont fait des études... Ils sont prêts pour autre chose! » 
 
Le documentaire Café Désirs sera diffusé le 21 mai à 21 h sur ICI Radio-Canada Télé.


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