ICI Radio-Canada Première

Médium large

Médium large rss

En semaine de 9 h à 11 h 30 
(en rediffusion à 22 h)

Catherine Perrin

Médium large
Logo Radio-Canada

Société

S'y retrouver entre communautarisme, multiculturalisme et interculturalisme

Le jeudi 31 mars 2016

Jack Jedwab, Rachida Azdouz et Jocelyn Maclure
Jack Jedwab, Rachida Azdouz et Jocelyn Maclure     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

La dirigeante du Front national, Marine Le Pen, a parlé de communautarisme pour décrire le modèle de vivre-ensemble du Canada et du Québec. Or, le Canada se définit plutôt comme une société multiculturelle et le Québec, comme une société interculturelle. Rachida Azdouz, psychologue spécialisée en relations interculturelles, Jack Jedwab, vice-président de l'Association d'études canadiennes, et le professeur de philosophie Jocelyn Maclure expliquent à Catherine Perrin la différence entre ces concepts.  
 
« Le communautarisme, c'est l'idée que la façon de respecter la diversité serait de dire que chaque communauté peut faire ses propres affaires, créer ses propres institutions, vivre des vies un peu parallèles », indique Jocelyn Maclure. Selon lui, les détracteurs du multiculturalisme estiment qu'un tel modèle entraîne du communautarisme. « C'est une forme de segmentation, de ghettoïsation de la société. Le danger que certains appréhendent est qu'il y ait différentes communautés culturelles qui vivent des vies séparées de la majorité. » 
 
D'un modèle à l'autre 
Rachida Azdouz départage rapidement les différents autres modèles : « Le modèle multiculturaliste, c'est : vivre et laisser vivre – on vit ensemble dans la coexistence pacifique et on respecte tous les mêmes lois, tous les mêmes chartes. [...] L'assimilationnisme, le modèle républicain français, c'est : vivre comme – à Rome, faisons comme les Romains. Et l'interculturalisme, qui est l'espèce de troisième voie qui cherche à se construire et qui est le modèle prôné par Taylor-Bouchard, c'est : vivre avec. Ça tient un peu du vivre et laisser vivre et du vivre comme, parce que ça présume qu'il y a quand même un terreau commun – une histoire et des communautés qui étaient là avant. »  
 
Selon elle, l'époque où il était de bon ton de privilégier aveuglément un modèle plutôt qu'un autre est révolue. 
 
Langage codé 
Jack Jedwab estime pour sa part que le communautarisme est un simple code pour diaboliser la communauté musulmane. « Ça veut dire pour moi que la notion même de communauté est vue péjorativement par la société française, parce que dans le modèle républicain, on est tous des citoyens, et les identités risquent d'être dangereuses pour la cohésion sociale, dit-il. On n'aime pas, on n'apprécie pas la formation de communauté. Pourtant, c'est une réalité que la formation des communautés. Les communautés sont construites, effectivement, mais elles existent! »


Créer un compte

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes

Chroniques récentes

10 avril 2017

Plaidoyer pour un meilleur diagnostic de la maladie de Lyme au Canada

10 avril 2017

La crise de l'emploi, préoccupation majeure pour les Français

10 avril 2017

Dépôt cette semaine du projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana

7 avril 2017

Frappes en Syrie : l'absence de consultation avec les alliés inquiète

6 avril 2017

Pepsi : vie et mort d'une publicité catastrophique

5 avril 2017

Danielle Ouimet dévoile ce qui menace les entreprises