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Catherine Perrin

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Politique

Pourquoi il fallait interviewer Marine Le Pen

Le vendredi 25 mars 2016

Marine Le Pen, en entrevue avec Anne-Marie Dussault
Marine Le Pen, en entrevue avec Anne-Marie Dussault     Photo : Radio-Canada

Journalistes chevronnés, l'animatrice de 24/60 Anne-Marie Dussault et l'animateur de Midi info, Michel C. Auger ont tous deux décidé de recevoir Marine Le Pen en entrevue lors de son passage à Montréal. Décision controversée qu'ils assument entièrement. « Notre rôle d'intervieweur, c'est de l'interroger, de la confronter à son propre discours », croit Anne-Marie Dussault.  
 
« Des politiciens comme elle ont leurs propres ensembles de faits, qui ne sont pas complètement faux, mais toujours un peu croches », note Michel C. Auger, citant en exemple ses déclarations sur les prétendus terroristes syriens, qui étaient en fait des citoyens canadiens. « À un certain moment, il faut la ramener sur les faits, plutôt que de la laisser aller sur son narratif. » 
 
Les journalistes ne sont pas des censeurs 
Les deux journalistes s'entendent pour dire que refuser de la recevoir aurait été plus dommageable que de lui tendre le micro, dans un contexte rigoureux. « Notre devoir c'est d'être insistant, de la confronter à son discours, c'est ça la responsabilité journalistique », insiste Anne-Marie Dussault.  
 
Les politiciens se situant aux extrêmes ne manquent pas de mettre à profit le refus des médias de leur accorder du temps d'antenne pour gagner la sympathie. « La censure, c'est pire que parler parce que ça permet aux gens de se victimiser, croit Michel C. Auger. Dire qu'elle a raison, mais qu'on l'empêche de parler, elle aime bien jouer cette carte. » 
 
La ligne à ne pas franchir 
S'il leur apparaît pertinent de la recevoir, le cadre doit être serré, insistent les intervieweurs. L'entrevue à 24/60, qui avait été enregistrée le lundi, devait être diffusée le mardi. Après la nouvelle des attentats à Bruxelles, l'équipe a décidé de ne la diffuser que sur le web.  
 
Quant à Michel C. Auger qui l'a interviewée en direct lundi, il aurait maintenu l'entrevue, si elle avait été prévue mardi. « Mais je ne lui aurais pas demandé d'être témoin expert sur les attentats de Bruxelles, par contre », précise-t-il. « L'enjeu, c'est quelles questions on lui pose, et comment on la confronte au sujet des amalgames qu'elle fait. »


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