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Isabelle Craig

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Société

Pourquoi il ne faut pas redéfinir le féminisme

Le jeudi 3 mars 2016

Martine Delvaux, Francine Pelletier et Cathy Wong
Martine Delvaux, Francine Pelletier et Cathy Wong     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Des personnalités ont créé l'émoi cette semaine en niant publiquement être féministes : la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, le premier ministre, Philippe Couillard, et l'animatrice Marie-France Bazzo. Trois féministes assumées, la présidente du Conseil des Montréalaises, Cathy Wong, l'auteure et militante Martine Delvaux et la chroniqueuse et auteure Francine Pelletier, expliquent à Patrick Masbourian en quoi le refus du féminisme est un affront à l'histoire du Québec. 
 
Spectre de la division 
« Il fait peur, ce mot-là, fait remarquer Francine Pelletier. Le problème, c'est qu'on a l'impression que ça divise les hommes des femmes. Et le rêve le plus profond de tout être humain hétérosexuel, c'est d'être aimé de l'autre sexe. C'est ça, le problème. Madame Thériault ne veut pas se faire détester – et je mettrais Marie-France Bazzo là-dedans – par les hommes. C'est une crainte de se voir comme une pas belle, une méchante, une radicale, et donc d'être rejetée par le monde des hommes alors qu'on veut tous s'unir le plus possible. Et je suis d'accord avec ça! Mais, étant donné la nature du féminisme, qui est de dire que nous voulons les mêmes privilèges que les hommes, c'est sûr qu'il y a, en principe, une possible confrontation. » 
 
Lutte collective 
« Ce sont principalement des groupes de femmes qui ont mené ces combats; qui ont fait en sorte qu'aujourd'hui, on a accès à tous ces droits, souligne Cathy Wong. Encore aujourd'hui, il faut s'en remettre au travail de ces groupes lorsqu'on parle de pauvreté, de conciliation travail-famille ou de violences sexuelles. Ce sont des enjeux sur lesquels les féministes, de façon collective, doivent se prononcer. Ce ne sont pas des combats qu'on peut porter de façon individuelle. » Elle croit toutefois que l'actuel débat a le mérite de provoquer des discussions sur l'inclusion des hommes à la cause féministe.  
 
Appeler un chat un chat 
« Parler d'humanisme noie le poisson. D'égalitarisme aussi, déclare Martine Delvaux. Si on parle d'humanisme, on déplace la conversation. On parle d'inégalités entre êtres humains. C'est quelque chose qu'on nous sert souvent. Nous, on veut parler des droits et d'inégalités entre les hommes et les femmes, pas d'inégalités entre toutes les personnes humaines sur la planète. Ce que ça dit, c'est qu'il y a deux types d'humains : les humains mâles et les humains femelles – pour caricaturer grossièrement –, et que l'inégalité se passe entre ces deux types d'humains là. [...] On n'y est pas encore, à l'humanisme. » 
 
Le Sommet des femmes aura lieu aujourd'hui et demain au Palais des congrès, à Montréal.


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