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Économie et affaires

Faut-il abolir l'argent liquide?

Le mardi 16 février 2016

Eve-Lyne Couturier et Claude Breton
Eve-Lyne Couturier et Claude Breton     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

La Banque Nationale a proposé au gouvernement du Québec d'accélérer le virage vers la monnaie exclusivement électronique, à l'instar de pays comme la Suède ou le Danemark. Claude Breton, vice-président aux affaires publiques de la Banque Nationale, explique à Catherine Perrin pourquoi c'est la voie de l'avenir, tandis qu'Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques, explique les répercussions d'une telle mesure pour les moins riches. 
 
Le Québec, bon endroit pour commencer 
Claude Breton souligne que, même s'il s'agit d'une compétence fédérale, le Québec est l'endroit tout désigné pour amorcer le virage. « C'est une terre créative où l'idée du libre-échange a germé très tôt et où l'adoption des guichets automatiques s'est faite également très tôt. Il y a une réceptivité des Québécois aux idées nouvelles », dit-il. Le virage à l'argent électronique permettrait, à son sens, d'enrayer le travail au noir, et le poids psychologique du changement ne serait pas plus lourd que celui de la disparition du chèque de voyage.  
 
Trop de questions sans réponses 
Eve-Lyne Couturier croit pour sa part que le passage aux technologies de transfert, le respect de la vie privée, la facilitation des paradis fiscaux et un favoritisme envers les plus riches sont autant de questions qui doivent être réglées avant de négocier un virage vers l'argent électronique. « Présentement, la manière dont les banques fonctionnent est que plus on a d'argent en banque, moins ça nous coûte cher en frais de transaction, entre autres. Donc, si tout l'argent est nécessairement virtuel, ça veut dire que les personnes qui n'ont pas beaucoup d'argent en banque et qui n'ont pas le choix de retirer de l'argent chaque fois qu'ils font une transaction [...] vont être pénalisées de manière plus importante », indique-t-elle. 
 
La proportion de transactions avec argent en papier est maintenant d'environ 35 % à l'échelle canadienne, alors qu'elle était de plus de 50 % il y a quelques années.


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