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Catherine Perrin

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Société

#Bitch : dénoncer la violence au féminin

Le mercredi 28 octobre 2015

Deux jeunes filles médisent à l'endroit d'une autre.
Deux jeunes filles médisent à l'endroit d'une autre.     Photo : iStock

Le comédien Jasmin Roy lance cette semaine un documentaire et un essai portant sur la violence entre filles et contre les filles, tous deux intitulés #Bitch : les filles et la violence. Jasmin Roy s'était attaqué aux problèmes d'intimidation homophobe il y a cinq ans avec le livre Osti de fif. En compagnie de Marie-Ève, une jeune fille qui a vécu la violence conjugale, le militant explique à Patrick Masbourian en quoi les filles sont conditionnées à socialiser leur violence. 
 
Banalisation 
Jasmin Roy s'est rendu compte de l'ampleur du problème en donnant des conférences dans les écoles. « Il y a une banalisation de la violence. Il y a des garçons qui disent : "Une fille, tu ne peux pas la battre comme tu bats un gars, mais des fois, tu peux la secouer pour qu'elle t'écoute." Ce sont des gars de secondaire II qui m'ont dit ça devant des adultes », raconte-t-il.  
 
Bande-annonce de #Bitch : les filles et la violence 
 
 
Cercle vicieux 
Selon lui, la violence conjugale et le conditionnement social amènent les filles à être violentes entre elles. « À cause de la culture de la politesse et de la gentillesse qu'on impose à nos filles, elles sont obligées de socialiser leur violence. Parce qu'il y a une culpabilité très, très grande. Ce manque de confiance vient de l'enfance parce qu'on réprime les manifestations de colère. Donc, elles sont obligées de convaincre les autres filles de les suivre dans leur violence. »  
 
Marie-Ève a vécu la violence verbale conjugale durant deux ans. « J'avais l'habitude de toujours être sexy, de toujours être belle, d'avoir les cheveux faits, le maquillage parfait, les vêtements parfaits. Je voulais qu'on me regarde, raconte-t-elle. Lui m'aimait pour ce que j'étais sans mon maquillage, sans mes cheveux faits, sans mes vêtements sexy. Donc, j'ai pris ça comme un compliment. Quand il me disait de ne pas me maquiller, je faisais [ce qu'il me demandait]. » 
 
Elle atteste de la dynamique sociale souvent agressive et compétitive entre les filles : « Il faut être belle, il faut montrer qu'on est capable, mais jamais plus que les autres. » 
 
Le documentaire #Bitch : les filles et la violence sera présenté le jeudi 29 octobre à 16 h, le 30 octobre à 8 h et le 1er novembre à 13 h sur Moi et cie.


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