ICI Radio-Canada Première

Médium large

Médium large rss

En semaine de 9 h à 11 h 30 
(en rediffusion à 22 h)

Catherine Perrin

Médium large
Logo Radio-Canada

Société

Pas bien dans son assiette : bien manger quand on est démuni

Le jeudi 15 octobre 2015

De gauche à droite et de haut en bas : Annie Roy, Sylvie Lemire, Mathieu Brunet et Catherine Girourard
De gauche à droite et de haut en bas : Annie Roy, Sylvie Lemire, Mathieu Brunet et Catherine Girourard     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Pour une personne pauvre ou en situation d'itinérance, conjuguer nourriture abordable et plaisir de manger est un défi. Patrick Masbourian en discute avec la journaliste Catherine Girouard, qui a publié un article sur cette question dans le magazine Caribou, Sylvie Lemire, qui a connu des problèmes de pauvreté, Mathieu Brunet, de la Mission Old Brewery, et Annie Roy, de l'Action terroriste socialement acceptable (ATSA). 
 
« Quand la notion de nécessité est trop présente, on considère un peu le plaisir comme un luxe. Tu as faim? Tu n'as pas d'argent pour acheter ce que tu veux? Alors mange ce qu'on te donne. C'est une idée qui est assez répandue, dit Catherine Girouard. Ce n'est pas parce qu'on a des difficultés qu'on a moins envie d'avoir du plaisir dans la vie. Ce n'est pas non plus parce qu'on est plus pauvre que la diminution du plaisir affecte moins. » 
 
L'angoisse du frigo vide 
Sylvie Lemire avait autrefois tout d'une gourmet. Elle avait un bon emploi et un jardin bien garni, et elle apprécie les produits fins. Mais elle a tout perdu suite à un cancer, suivi d'un épuisement professionnel. Elle décrit ce que toute personne démunie affronte, soit l'angoisse du frigo vide : « Souvent, on va prendre de petites portions pour en garder pour le lendemain. On regarde ce qu'il reste dans le garde-manger, on se demande combien de temps on va faire avec. On n'ose pas dégeler son petit morceau de steak haché par crainte de ne pas durer jusqu'à la fin de la semaine suivante... On va sur Internet et on se cherche des solutions de dépannage alimentaire. Le frigo vide, c'est un vide en dedans de soi. On se couche et on y pense. » 
 
Parmi les trucs qu'elle a développés, elle mentionne la prise de notes des dates de péremption des aliments qu'elle aime à l'épicerie. Elle se présente ensuite lors de cette journée pour bénéficier de rabais. 
 
Un peu de soleil 
Mathieu Brunet se fait un point d'honneur de servir de bons repas à la Mission Old Brewery pour rompre les clichés de la nourriture moche associés aux ressources de secours alimentaire. « C'est toujours des assiettes consistantes, complètes. On essaie de jouer avec les couleurs, d'amener un peu de soleil, dans le fond », explique-t-il, ajoutant que la Mission s'est aussi habituée aux clientèles végétariennes, allergiques et de religions diverses.  
 
Avec l'ATSA, Annie Roy a organisé plusieurs événements en collaboration avec des grands chefs, lors desquels des plats raffinés ont été servis à des sans-abri. « Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les chefs sont généralement heureux de contribuer. Ils sont généreux, ils ont envie de partager leur savoir-faire, affirme-t-elle. Ils ont parfois l'impression que les gens riches sont un peu blasés, alors que dans la rue, la haute cuisine devient un événement! » 
 
En soutien à l'activité de l'ATSA, Caribou offre le reportage Histoires de faim, de Catherine Girouard, gratuitement en téléchargement jusqu'au 22 octobre sur le site du magazine.


EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - Caribou sur le web
HYPERLIEN - Caribou sur Twitter
Créer un compte

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes

Chroniques récentes

10 avril 2017

Plaidoyer pour un meilleur diagnostic de la maladie de Lyme au Canada

10 avril 2017

La crise de l'emploi, préoccupation majeure pour les Français

10 avril 2017

Dépôt cette semaine du projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana

7 avril 2017

Frappes en Syrie : l'absence de consultation avec les alliés inquiète

6 avril 2017

Pepsi : vie et mort d'une publicité catastrophique

5 avril 2017

Danielle Ouimet dévoile ce qui menace les entreprises