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Catherine Perrin

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Société

Les hommes, grands oubliés du deuil périnatal

Le jeudi 3 septembre 2015

Louis-René Dessureault, Patrick MacFarlane et Ghassan El Baalbaki
Louis-René Dessureault, Patrick MacFarlane et Ghassan El Baalbaki     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

« Occupe-toi de ta femme! », s'est fait dire Patrick MacFarlane par une infirmière après que sa conjointe et lui eurent perdu le bébé qu'ils attendaient lors d'une fausse couche. Les hommes sont souvent oubliés dans cette épreuve. Catherine Perrin en discute avec M. MacFarlane, Louis-René Dessureault, dont la conjointe et lui ont également perdu un bébé à 34 semaines, ainsi qu'avec le psychologue Ghassan El Baalbaki. 
 
Repoussé 
« Le couple, on l'entoure d'une manière technique », dit Patrick MacFarlane à propos du soutien reçu à l'hôpital. « J'ai été mis de côté tout de suite. J'ai pris le relais, je me suis occupé de ma femme. Ensuite, on nous sort, on nous dit : "Les options sont le curetage ou la pilule", sans trop d'information [en plus]. Qu'est-ce que vous choisissez? Et on retourne chez nous avec une pilule. » Le couple a choisi de rencontrer un psychologue plus tard, mais, à aucun moment, l'hôpital ne lui a offert cette possibilité.  
 
Froid et sec 
« Ça a été tout aussi froid et sec », raconte Louis-René Dessureault à propos de ce qu'ils ont vécu, sa conjointe et lui. « On arrive devant la préposée, et la pauvre femme n'a aucune idée de ce qu'on vit. Elle dit : "Félicitations pour votre enfant!" Je lui dis aussi bêtement : "Eh ben, il est mort." Il faut se dégager de ça, rester froid, s'occuper des choses administratives. On nous demande : "Qu'est-ce qu'on fait avec le corps?" Est-ce que je sais, moi, ce qu'on fait avec un corps de bébé? Je suis dans un no man's land, il n'y a plus de temps, il n'y a plus de température, il n'y a plus rien. Je veux juste être avec ma femme et reprendre mon petit bébé dans mes bras. » 
 
Manque de formation 
Ghassan El Baalbaki estime que cette façon de faire relève d'une conception dépassée de l'homme en tant que simple pourvoyeur et responsable du maintien de l'équilibre, mais aussi d'un manque de formation dans les hôpitaux. « Ces personnes-là sont aussi prises au dépourvu. Elles travaillent généralement dans un endroit heureux, où l'on termine la journée avec des gens heureux autour de soi. Elles se trouvent soudainement dans des situations où elles ont elles-mêmes à gérer, quelquefois, leurs propres frustrations, leurs propres difficultés, leurs propres sentiments d'échec. »


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