ICI Radio-Canada Première

Médium large

Médium large rss

En semaine de 9 h à 11 h 30 
(en rediffusion à 22 h)

Catherine Perrin

Médium large
Logo Radio-Canada

Santé

Trouble de l'attention : comment un problème incompris est devenu le mal du siècle

Le mercredi 25 mars 2015

De gauche à droite et de haut en bas : le neuropsychologue Dave Ellemberg, la chercheuse et personne-ressource de l'AQETA Odette Raymond, l'auteur et animateur en participation citoyenne Emmanuel Lauzon et l'humoriste Philippe Laprise
De gauche à droite et de haut en bas : le neuropsychologue Dave Ellemberg, la chercheuse et personne-ressource de l'AQETA Odette Raymond, l'auteur et animateur en participation citoyenne Emmanuel Lauzon et l'humoriste Philippe Laprise     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

On n'a jamais autant entendu parler du trouble de l'apprentissage et de l'hyperactivité (TDAH), qui toucheraient 1 personne sur 20 au Québec. Comment vit-on avec cette affection? Est-elle surdiagnostiquée? Catherine Perrin en discute avec Odette Raymond, chercheuse et personne-ressource de l'Association québécoise des troubles d'apprentissage , Dave Ellemberg, neuropsychologue spécialisé en TDAH, Emmanuel Lauzon, écrivain et animateur en participation citoyenne, Philippe Laprise, humoriste souffrant de TDAH, et Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste. 
 
Cartographie améliorée 
« Il n'y a pas un seul trouble de l'attention, il y en a plusieurs. Il n'y a pas un seul circuit neurologique, il y en a plusieurs », souligne Dave Ellemberg, qui explique qu'on diagnostique davantage ces troubles aujourd'hui, puisqu'on en connaît davantage sur leur épidémiologie. « Avant, ce qu'on connaissait, c'était le décrochage scolaire. [...] Depuis les années 1990, l'enfant est au coeur de la famille. On accorde plus de valeur à l'éducation, à la réussite scolaire. »  
 
L'écoute, une clé 
« Ce qui est commun à beaucoup de jeunes que j'ai rencontrés, c'est la très faible estime [qu'ils ont] d'eux-mêmes. [...] Souvent, on ne les écoute pas assez, » affirme Odette Raymond. « Vers 17-18 ans, ils savent où ils sont les plus performants, là où leurs compétences cognitives sont le mieux utilisées. Il faut les écouter et trouver la solution en nous. On fait des choses pour eux qui devraient être faites pour tous les enfants, pour tous les jeunes. » 
 
Des médicaments qui ne règlent pas tout 
Emmanuel Lauzon a reçu son diagnostic à 8 ans. Il prend depuis des médicaments de façon intermittente, en reconnaissant que leurs effets secondaires sont gênants. « Je n'en prends jamais avant de faire de la radio ou des conférences... Je suis déjà stimulé! Par contre, je les prends si j'ai à écrire, à faire beaucoup de travail de bureau, à m'organiser, à planifier des rendez-vous », explique-t-il, ajoutant qu'en prendre trop tard durant le jour peut provoquer de l'insomnie. 
 
L'importance de se prendre en main 
« C'est important de faire une démarche », déclare Philippe Laprise, qui a reçu son diagnostic tard dans la vie, presque en même temps que sa fille. Plus jeune, on lui attribuait simplement des troubles du comportement. « J'ai fini mon secondaire 5 à 20 ans. J'ai doublé trois fois. Je ne veux pas que mon enfant connaisse la même chose. [...] J'ai toujours dit que j'étais un rond entouré de cubes. Encore aujourd'hui, je dois lire mes textes pour la télé 10 fois avant de comprendre le sous-texte. » 
 
Inévitable surdiagnostic 
« C'est un trouble qui a vocation à être surdiagnostiqué, dans la mesure où il est encore essentiellement clinique et les examens ne permettent pas d'établir un diagnostic en tant que tel, prévient Patrick Landman. L'attention, même si on la divise [en catégories], n'est pas quelque chose qui soit encore scientifiquement déterminable. Il y a toujours un biais dans le fait de mesurer des éléments de l'attention. Quand vous regardez la manière dont c'est diagnostiqué, [...] il y a surtout des éléments très subjectifs. On demande si l'enfant a souvent tel ou tel comportement... Le souvent ne permet pas quelque chose d'opérationnel. »


Cr�er un compte

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes

Chroniques récentes

4 avril 2017

Garder son cordon ombilical pour mieux guérir dans l'avenir

4 avril 2017

Ces médicaments qu'on prescrit encore malgré les dangers

28 mars 2017

Les trolls, des sadiques qui attaquent en groupe

23 mars 2017

Un langage révolutionnaire pour communiquer avec les autistes

21 mars 2017

L'épuisement parental : quand les parents n'en peuvent plus

17 mars 2017

Un village sur mesure pour les gens atteints de maladies cognitives