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Société

Rencontrer des détenus pour reprendre le contrôle

Le mardi 28 octobre 2014

Sylvie Vanasse, ancienne bénéficiaire du le Centre de services justice réparatrice et bénévole pour l'organisme, Raoul Lincourt, président du Centre de services justice réparatrice, et le comédien Paul Doucet
Sylvie Vanasse, ancienne bénéficiaire du le Centre de services justice réparatrice et bénévole pour l'organisme, Raoul Lincourt, président du Centre de services justice réparatrice, et le comédien Paul Doucet     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

On l'appelle justice réparatrice. Il s'agit de rencontres entre les personnes touchées par un acte criminel et des détenus ayant commis un crime du même type. Depuis 13 ans, plus de 600 personnes ont participé à des rencontres entre détenus et victimes. Catherine Perrin en discute avec le comédien Paul Doucet, artiste invité d'une soirée-bénéfice au profit du Centre de services justice réparatrice, Sylvie Vanasse, une enseignante au primaire ayant déjà eu recours à l'organisme, et Raoul Lincourt, président du Centre. 
 
Les rencontres détenus-victimes qu'organise le Centre de services justice réparatrice sont tantôt en face-à-face, tantôt collectives. Il ne s'agit pas de rencontrer l'auteur même du crime, ce qui correspond à de la médiation pénale.  
 
« Ça apporte un grand soulagement », souligne Sylvie Vanasse, qui a pris contact avec le centre parce qu'elle avait été agressée durant sa jeunesse. Elle est maintenant bénévole pour l'organisme. « Ça permet vraiment de libérer les émotions négatives qui sont liées aux abus. De pouvoir parler à une personne qui comprend exactement de quoi on parle. Un thérapeute peut écouter, acquiescer, mais quand une personne qui a commis le même genre de crime te dit : "Tu n'es pas responsable et je vais faire quelque chose pour réparer ce que j'ai commis", c'est un peu comme si la personne qui t'a agressée s'excusait devant toi. » 
 
Selon Raoul Lincourt, les détenus retirent aussi des bénéfices d'une telle rencontre. « L'idée, c'est de les rendre responsables, explique-t-il. Un crime, ça crée beaucoup d'insécurité. On lui fait prendre conscience de la chaîne des conséquences. »


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