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Politique

L'axe du mal : il y a 15 ans, les États-Unis « trouvaient le démon »

Le mercredi 25 janvier 2017

Donald Cuccioletta et Alexandra Szacka
Donald Cuccioletta et Alexandra Szacka     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Iran, Irak, Corée du Nord... Le 29 janvier 2002, le président George W. Bush utilisait pour la première fois l'expression«  axe du mal » pour désigner ces trois pays ennemis des États-Unis. Précédant l'invasion de l'Irak, ce discours a servi à mettre la table pour la future politique étrangère de l'administration Bush. La journaliste Alexandra Szacka et le chercheur Donald Cuccioletta expliquent à Catherine Perrin en quoi ce discours s'inscrivait dans une longue tradition américaine de recherche d'ennemis faciles à identifier. 
 
« Ce n'est pas important qui étaient ces pays. Ce qui était important, c'est que l'Irak en faisait partie, » indique Alexandra Szacka, en rappelant que c'est un Canadien, l'auteur David Frum, qui est à l'origine de cette expression. « C'était clairement un préambule pour l'invasion de l'Irak. Il fallait vendre cette idée aux Américains. Il fallait que ce soit simple et cette expression était vraiment utilisée pour simplifier qui est l'ennemi. Il ne faut pas oublier qu'il y a eu le 11 Septembre, mais que, quelques années auparavant, c'était l'URSS, et après la Russie, qui était l'ennemi principal, l'Empire du mal. Là, on change : on est avec l'axe du mal, on met quelques autres pays... D'ailleurs, on ne sait pas pourquoi le Pakistan ou l'Afghanistan ne se retrouvent pas là-dedans. » 
 
Démoniser pour convaincre 
« Il faut voir que, depuis la Deuxième Guerre mondiale [...], les Américains ont toujours trouvé le démon, souligne Donald Cuccioletta. C'est comme ça qu'on convainc la population américaine d'entreprendre une autre guerre. Les États-Unis sont constamment en guerre. À un moment donné, la population dit : "C'est assez, ça nous coûte cher, on a d'autres problèmes aux États-Unis, on devrait s'occuper de nous-mêmes." C'est là qu'arrive l'isolationnisme, généralement. Pour convaincre les Américains, pour envoyer les soldats, il faut trouver le démon. C'est une habitude, aux États-Unis. Si on se souvient, sous McCarthy, c'était les communistes. Maintenant, ce sont les terroristes. »


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