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Santé

Les services de santé trop peu adaptés aux personnes LGBT

Le jeudi 21 avril 2016

Marie-Pier Boisvert, Bill Ryan et Florence Marcil-Denault
Marie-Pier Boisvert, Bill Ryan et Florence Marcil-Denault     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Que ce soit dans les programmes d'enseignement ou dans le circuit de la santé, les personnes de la communauté LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres) sont de plus en plus nombreuses à rapporter l'attitude inadéquate du personnel. Les services et la formation sont dispensés en fonction d'une clientèle hétérosexuelle et ne tiennent pas compte des autres réalités. La psychologue Florence Marcil-Denault, le professeur en travail social Bill Ryan et la directrice générale du Conseil québécois LGBT expliquent à Catherine Perrin pourquoi la formation des professionnels doit se faire selon un nouveau cadre. 
 
Nos invités évoquent différentes situations problématiques, comme celle d'une femme homosexuelle qui a appris qu'elle était infertile et s'est fait dire par son médecin que le problème était banal en raison de son orientation sexuelle. La femme essayait pourtant d'avoir des enfants avec sa conjointe. 
 
Microagressions 
Pour Marie-Pier Boisvert, il ne s'agit pas nécessairement d'homophobie, mais de microagressions. « L'intention n'est pas de faire mal, mais c'est quand même comme ça que le message est reçu, dit-elle. Ça cause de la détresse. Tellement de personnes LGBT ont peur d'aller en thérapie parce qu'elles ont peur de subir ces microagressions dont elles ont entendu parler par des collègues ou des amis, ou sur Internet. [...] Si le jeune est gai ou trans, ça suppose que la meilleure solution serait d'être hétéro. » 
 
Dangereuse stigmatisation 
« C'est la formation qui permet à l'intervenant d'être complètement au naturel et de mettre le patient ou le client dans un lieu sécuritaire, où il sent qu'il peut tout ouvrir », affirme Florence Marcil-Denault. Elle-même gaie, elle a consacré sa thèse de maîtrise aux répercussions de l'homophobie chez les mères lesbiennes. Quand elle reçoit des adolescents en consultation, elle s'assure d'emblée de leur laisser le soin de préciser eux-mêmes leur identité sexuelle. « La santé mentale des LGBT est vraiment moins bonne que celle de la population générale. La principale hypothèse est vraiment la stigmatisation. » 
 
Conséquences médicales réelles 
« On sait par les études – et j'en ai fait quelques-unes – que les LGBT hésitent avant d'aller consulter en santé, parce qu'ils ou elles ont vécu des mauvaises expériences ou anticipent des mauvaises expériences, comme une réaction négative lorsque cette personne dévoile son orientation sexuelle, des commentaires qui présupposent l'hétérosexualité et ne laissent pas la porte ouverte à autre chose, déplore Bill Ryan. Il y a des conséquences médicales réelles. Par exemple, les femmes lesbiennes meurent plus que les femmes hétérosexuelles du cancer du sein. Pas parce qu'il y en a davantage chez les femmes lesbiennes, mais parce que les femmes lesbiennes consultent plus tardivement [...]. C'est souvent trop tard. »


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