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Société

La passation des pouvoirs, ce rite intangible

Le mercredi 4 novembre 2015

Justin Trudeau est assermenté comme premier ministre du Canada à Rideau Hall, le 4 novembre 2015.
Justin Trudeau est assermenté comme premier ministre du Canada à Rideau Hall, le 4 novembre 2015.     Photo : PC/Adrian Wyld

Justin Trudeau devient officiellement aujourd'hui le 23e premier ministre du Canada. Il lève aussi le voile sur le 29e Conseil des ministres du gouvernement. C'est aussi jour de passation des pouvoirs pour la chronique des Humanistes : l'historien André Champagne et la psychologue Rachida Azdouz accueillent une nouvelle collaboratrice, la sociologue Valérie Harvey. À cette occasion, ils discutent avec Catherine Perrin et Pauline Marois des diverses formes de changements de garde dans la société et dans l'histoire. 
 
Selon Rachida Azdouz, la passation des pouvoirs, quelle qu'elle soit, s'inscrit dans un cycle de ruptures continuelles : la grâce et la disgrâce, le deuil et la naissance, l'ivresse et le sevrage. « C'est un geste de pacification, conclut-elle. Pendant des semaines, on s'est traités comme des ennemis, des adversaires. Il faut faire montre d'élégance, sinon pour soi, pour démontrer qu'on est élégant et bon perdant, mais aussi pour rassurer la population, dire que ceux qui quittent le pouvoir ne vont pas briser le jouet. » 
 
Incarner et enraciner 
Valérie Harvey insiste sur l'importance d'un tel rituel en politique. « Le pouvoir ne se voit pas. Qu'est-ce qui fait qu'à 10 h 30 aujourd'hui, Justin Trudeau signe des documents et a une légitimité pour le faire? Ça prend quelque chose qu'on voit, quelque chose qui incarne, enracine [le transfert] dans le temps, dit-elle. [...] On a un rite qui nous suggère un idéal. Ce sont tous les possibles qui s'incarnent aujourd'hui. » 
 
Changement de garde nécessaire 
André Champagne rappelle qu'une passation des pouvoirs sans rituel s'accompagne souvent de violence, comme l'ont prouvé la Révolution française et la révolution russe. Il démontre également pourquoi les partis politiques prennent l'habitude de changer la garde des hauts fonctionnaires à leur arrivée au pouvoir : en 1984, Brian Mulroney et le Parti conservateur avaient négligé de procéder ainsi au début de leur mandat. On leur a plus tard reproché d'avoir laissé des membres de la troupe de Pierre Trudeau « saboter » le travail du gouvernement.  
 
Tradition fondée 
Pauline Marois rend compte de l'importance d'une passation de pouvoir bien faite de l'intérieur. Elle raconte avoir imploré Philippe Couillard de se montrer attentif par rapport à deux dossiers dans lesquels elle s'était particulièrement investie : celui de la langue et celui de l'électrification des transports.  
 
Selon elle, il y a un fondement à la tradition de chercher une haute fonction publique aux couleurs du parti au pouvoir. « Dans les fonctions stratégiques, il est important d'avoir des collaborateurs qui défendent la position du gouvernement », affirme-t-elle.


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