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Catherine Perrin

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Société

Parc Forillon : la blessure encore béante d'une dépossession cavalière

Le lundi 10 août 2015

Vue du parc national Forillon
Vue du parc national Forillon     Photo : PC

Il y a 45 ans, 325 familles gaspésiennes étaient expropriées pour créer le parc national Forillon. L'essai Expropriation du territoire de Forillon : les décisions politiques au détriment des citoyens, d'Aryane Babin, expose la rudesse avec laquelle les habitants ont été expulsés en échange de compensations dérisoires. Patrick Masbourian discute de ce sombre épisode avec l'auteure, avec l'historien Laurent Turcot et un résident de Gaspé, Jules Bélanger. 
 
Laurent Turcot rappelle qu'à l'initiative de Jean Chrétien, alors ministre des Affaires indiennes et du Nord au fédéral, et de Robert Bourassa, alors premier ministre du Québec, les gouvernements fédéral et provincial souhaitaient développer le tourisme de masse comme levier économique. Les chiffres promis aux habitants étaient de 500 000 visiteurs par années et 3000 emplois directs et indirects. Les données les plus récentes font plutôt état d'une moyenne de 123 000 visiteurs par année et d'une centaine d'emplois.  
 
Coins ronds 
« On parle de Forillon, mais on pourrait parler du Bic, on pourrait parler du [parc Kouchibouguac au] Nouveau-Brunswick, on pourrait parler, bien sûr, de Mirabel... Ce sont tous des exemples où on a voulu prendre nos destinées en main, mais tellement rapidement qu'on a tourné les coins ronds, explique-t-il. On a laissé de côté toute une population qui créait l'identité de la région de Forillon. » 
 
Premier ouvrage historique 
L'essai d'Aryane Babin constitue le premier ouvrage historique sur l'expropriation de Forillon. Elle-même Gaspésienne originaire de Paspébiac, l'historienne a fait son mémoire de maîtrise sur cette question après s'être rendu compte que ni elle ni son entourage n'étaient au fait de ce pan d'histoire de la région. « Je me suis dit : si moi, à mon âge, en habitant à deux heures et demie de route et m'intéressant à l'histoire, je ne connais pas du tout cet événement-là, je ne dois pas être la seule, raconte-t-elle. Ça mérite que quelqu'un s'y intéresse pour que les gens soient au fait de tous les détails. » 
 
Déception profonde 
Jules Bélanger se souvient des premières réactions enthousiastes des Gaspésiens à l'annonce de la création du parc ainsi que du moment où le vent a tourné. « Il s'agissait d'une initiative qui allait développer l'économie de la Gaspésie, qui était à l'époque malade, très faible. [...] On nous promettait des emplois très nombreux et un développement intéressant, relate-t-il. C'est devenu une déception profonde lorsque les faits nous ont montré que ce n'était pas vrai du tout qu'il y aurait autant de visiteurs. [...] Les gens ont été traités comme des objets. Ils ont été traités de façon injuste, de façon cruelle. » 
 
Des procédures judiciaires ont donné raison aux expropriés en 1975. Ceux-ci se sont partagé une indemnisation de 1,9 million de dollars.


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