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Catherine Perrin

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Santé

Santé mentale : les proches dénoncent le manque de ressources

Le mercredi 7 décembre 2016

La place de Frédérick Gingras, un jeune schizophrène toxicomane accusé de double meurtre, était dans un hôpital, selon ses proches.
La place de Frédérick Gingras, un jeune schizophrène toxicomane accusé de double meurtre, était dans un hôpital, selon ses proches.     Photo : Facebook

Un manque total de services et de soins, une mauvaise coordination entre intervenants, une culture de la rapidité et de la solution facile... Les proches aidants de personnes atteintes de problèmes de santé mentale déplorent que les patients et les familles soient laissés à eux-mêmes. Pierre Magloire, frère d'Alain Magloire, abattu par la police lors d'une crise en 2014, M. Robert, proche aidant, et Carolle Brabant, administratrice de la Fondation Pinel et mère d'un garçon atteint de schizophrénie, expliquent à Catherine Perrin que le système de santé ne fait rien pour empêcher la judiciarisation des patients.  
 
Nos invités réagissaient à l'assassinat de deux personnes par Frédérick Gingras, un jeune schizophrène toxicomane de 21 ans à Pointe-aux-Trembles, survenu dimanche. Ils notent tous que le problème majeur des personnes souffrant de troubles mentaux est que plus ils sont malades, moins ils ressentent l'urgence de se faire soigner.  
 
Mauvaises réactions 
« Lorsqu'on est confronté à un problème de violence à la maison, on nous suggère d'appeler la police, qui arrive avec les phares giratoires, raconte Carolle Brabant. Le jeune, qui est déjà un peu suspicieux, va souvent se sauver. Je le sais, c'est arrivé dans mon cas. Il n'y a pas de ressources pour dire aux familles comment agir et à qui se référer. Il m'est arrivé à quelques reprises d'aller dans un hôpital avec mon fils, qui était très malade, et de me faire dire : "Tu n'es pas dans l'hôpital de ton secteur." On a déjà attendu quatre heures, on a eu de la difficulté à le garder à l'urgence, à le convaincre de rester, et là, il faut recommencer dans un autre hôpital. Ça m'a déjà pris quasiment six mois avant de le convaincre de retourner à l'hôpital. » 
 
Imposer les traitements lorsque nécessaire 
M. Robert estime qu'il devrait être plus facile de contraindre certains patients de recevoir des traitements. « C'est étonnant à quel point on fait peu confiance, dans notre régime actuel, au psychiatre et à ce qu'il dit, note-t-il. Il faut faire des procès, apporter des preuves, consulter des experts... On parle toujours de libertés individuelles, de l'autonomie, mais je pense qu'il faut accepter [...] qu'il y ait des règles d'exception pour permettre le traitement. Une fois qu'on a réussi à convaincre mon fils de rester à l'hôpital après les interventions répétées des policiers, ça l'a ramené. On a pu reprendre une communication avec lui. Il y a des bienfaits dans la psychiatrie. Il faudrait qu'on arrête de tourner en rond avec des débats interminables. » 
 
Les dangers de l'automédication 
« Les gens, à partir d'un certain temps, finissent par se sentir bien et se disent, tout à coup : "Pourquoi je prendrais un médicament qui me donne de la constipation, de la diarrhée et de la somnolence?", souligne Pierre Magloire. La toxicomanie n'aide pas. Souvent, on va s'automédicamenter, on va essayer de se calmer en consommant, ce qui, la plupart du temps, empire [la situation]. Qu'est-ce qu'on peut faire? Les attacher à un lit et leur faire prendre un médicament de force? Non, ce sont des adultes. »


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