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Ces terroristes que les médias transforment en vedettes

Le mardi 3 mai 2016

Stéphane Berthomet et Dennis Trudeau
Stéphane Berthomet et Dennis Trudeau     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Les informations répétées sur les auteurs d'attentats terroristes tout comme la diffusion de leurs vidéos lors de prises d'otages pourraient nourrir la soif de publicité des djihadistes et, ainsi, les aider. C'est ce que croit Stéphane Berthomet, codirecteur de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent. Le journaliste Dennis Trudeau estime, au contraire, que l'information est la seule manière d'endiguer leur glorification. Catherine Perrin discute avec eux de l'équilibre à trouver entre information et responsabilité morale.  
 
Stéphane Berthomet estime qu'il serait préférable de laisser les auteurs d'attentats terroristes dans l'anonymat. Les médias devraient selon lui faire preuve de la même réserve que lorsqu'ils rapportent des faits divers impliquant des gangs de rue. Il déplore par ailleurs le manque d'études sur les liens entre la médiatisation d'actes terroristes et le passage à l'acte. 
 
Questions essentielles 
Prenant pour exemple l'annonce de la diffusion sur le web d'une vidéo montrant la décapitation de l'otage canadien John Ridsdel, l'ancien policier s'indigne : « J'ai un énorme malaise avec ça, sur plusieurs plans. D'abord, est-ce que c'est nécessaire à notre information? [...] Je ne crois pas que ça informe mieux les gens. D'autre part, est-ce que cette vidéo, si on la montre et on la diffuse, contribue à la propagande de cette organisation? Oui, elle le fait. Est-ce qu'on contribue au pouvoir et au poids [de cette organisation]? Oui, on le fait. Et, pour finir, est-ce qu'on porte atteinte aux droits fondamentaux de l'homme qui se trouve dans cette vidéo, c'est-à-dire à la notion de dignité humaine? Oui, on le fait. Pour moi, ce sont les questions à se poser. » 
 
Cas par cas 
Dennis Trudeau rappelle que les autorités se livrent elles aussi à la propagande lorsque, par exemple, elles procèdent à l'arrestation d'un Salah Abdeslam ou de ses complices. Selon lui, le bien-fondé de la médiatisation du terrorisme relève du cas par cas.  
 
« La preuve n'est pas faite qu'en nommant [les terroristes] et en faisant quelques reportages sur leur vie, on en a fait des célébrités et des vedettes, dit-il. Si l'on n'avait pas enquêté sur les deux personnes responsables des attentats d'Ottawa et de Saint-Jean-sur-Richelieu, on n'aurait pas su que c'était des marginaux, qui se sont accrochés à une idéologie très vite et qui sont passés aux actes d'une façon tout à fait désorganisée. Les agences de sécurité, les puissances veulent toujours plus de pouvoir, plus de secrets... Le rôle des médias est d'informer le public, les citoyens, pour qu'ils soient capables de juger un peu par eux-mêmes. »


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