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15e anniversaire du 11 septembre : des traces multiples et indélébiles

Le jeudi 8 septembre 2016

Vue des tours du World Trade Center au matin du 11 septembre 2001
Vue des tours du World Trade Center au matin du 11 septembre 2001     Photo : Reuters/Sean Adair

Sécurité publique, politique, culture, religion... Dès les premières heures suivant les attentats du 11 Septembre, les observateurs savaient que ces aspects de la vie en société seraient bouleversés. L'histoire leur a donné raison. Les chercheurs Charles-Philippe David et Solange Lefebvre, le secrétaire général du Congrès maghrébin du Québec Lamine Foura, le journaliste Jean-Marie Pottier et le pompier Michel Amesse expliquent à Catherine Perrin comment le monde se ressent encore des effets de cette tragédie. 
 
Les nouveaux États-Unis 
Charles-Philippe David résume comment la tragédie a transformé la société américaine, tant dans sa fibre que dans ses politiques extérieures. « C'est la première fois qu'une oeuvre vive était attaquée en sol américain. Ce n'est pas la même chose [que Pearl Harbor], et c'est ce qui fait que le terrorisme a changé et que le 11 septembre 2001 est une époque marquante : ce qui se passe là-bas peut se passer ici, indique-t-il. Pour les gens, c'était la prise de conscience qu'avec la mondialisation ne viennent pas que des bonnes choses, mais viennent aussi de très, très mauvaises nouvelles comme le terrorisme. » 
 
« Ce qui a également changé, c'est le fait que la sécurité n'est plus qu'une politique, une idéologie, voire une valeur ou même un complexe militaro-industriel. C'est une industrie, affirme-t-il également. Pour la première fois, la sécurité intérieure est devenue quasiment, voire plus importante que la sécurité extérieure. Le mal peut frapper de nous et en nous. [...] Il y a une frénésie, une peur. La paranoïa est totale! Oui, il y a eu un chèque en blanc [pour le président Georges W. Bush]. Et évidemment, le chèque en blanc a mené, hélas, à ce qui a probablement été la décision la plus sotte, à mon avis, de l'histoire de la politique étrangère des États-Unis, et c'est celle d'envahir l'Iraq. » 
 
 Solange Lefebvre et Lamine Foura Solange Lefebvre et Lamine Foura Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande 
 
La religion au banc des accusés
 
Selon Solange Lefebvre, le 11 Septembre a complètement bouleversé la pratique religieuse dans le monde. « Il y a eu beaucoup plus de victimes du terrorisme dans le Pays basque et en Irlande du Nord [...], mais ça frappe tellement l'imaginaire – c'est justement la stratégie de la terreur, souligne-t-elle. Sur la question religieuse, c'est la même chose, les répercussions sont émotionnelles. [...] Les gens, les collectivités ne sont plus dans le raisonnable, pour paraphraser nos fameux accommodements, lorsqu'ils réfléchissent à la question religieuse. Ils sont dans l'émotion, ils sont dans l'anxiété. » 
 
Lamine Foura abonde dans le même sens. « Il y a eu une appropriation identitaire de la religion parce les jeunes [musulmans] se sont sentis pointés du doigt, révèle-t-il. Le deuxième paradoxe est que ça a ressuscité tout le débat sur la question de la laïcité. C'est-à-dire que l'événement a été un argument pour les personnes antireligieuses ou tout simplement pour la laïcité. Ç'a bipolarisé le débat depuis, à mon avis. Je sentais qu'avant le 11 Septembre, il y avait un certain consensus social en Occident sur la question de la religion. » 
 
 Charles-Philippe David et Michel Amesse Charles-Philippe David et Michel Amesse Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande 
 
Une corde sensible pour les musiciens 
Jean-Marie Pottier, qui décrit l'influence de la tragédie sur la musique dans le livre Ground Zero : une histoire musicale du 11 Septembre, raconte que le chanteur Bruce Springsteen a consacré un album entier aux événements. « On avait quasiment l'impression qu'il assurait un service public à l'époque. Des gens venaient le voir pour lui dire : "On a besoin de toi, il faut que tu composes quelque chose, il faut que tu parles pour nous!" Donc, il a sorti un album qui s'appelle The Rising. Il y a une chanson sur quelqu'un qui a perdu son époux dans le World Trade Center, il y a une chanson sur quelqu'un qui a survécu et qui se demande comment vivre, il y a une chanson sur quelqu'un qui connaissait les pompiers qui sont montés au feu... Toutes ces dimensions rassemblées en un seul disque. » 
 
 
 
Nos pompiers à la rescousse 
Michel Amesse était des cinq pompiers de Westmount qui se sont rendus à New York pour prêter main-forte aux pompiers locaux. « Au moment où les tours se sont effondrées, nous savions qu'il y avait des morts innombrables. Mais ce qui venait nous chercher, c'est que nous, pompiers, rentrons partout par où les gens essaient de sortir. Alors nous savions que le nombre de morts chez les pompiers était pour être important, raconte-t-il. Nous sommes partis le 13 septembre au matin. Quand nous sommes arrivés à Times Square, la caserne était bondée. [...] C'était la caserne la plus touchée par le nombre de décès : les 15 pompiers en devoir ce matin-là y sont restés. »


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