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Catherine Perrin

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Société

Enfants de l'adoption internationale : une vie à se reconstruire

Le jeudi 12 mai 2016

De gauche à droite et de haut en bas : Esteban-Orlando Fleurant, Alexandrine Ubiera-Joncas, Marguerite Blais et Christine Germain
De gauche à droite et de haut en bas : Esteban-Orlando Fleurant, Alexandrine Ubiera-Joncas, Marguerite Blais et Christine Germain     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Hantise de la pauvreté, crises d'identité, souvenirs diffus... Même en ayant reçu tout ce dont ils avaient besoin, certains enfants de l'adoption internationale ont eu fort à faire pour recoller les morceaux. En revanche, ils ont tissé des liens forts partout en cours de route. Trois adultes issus de l'adoption internationale, Alexandrine Ubiera-Joncas, Esteban-Orlandon Fleurant et Christine Germain, ainsi que l'ex-ministre Marguerite Blais, qui a adopté trois enfants à l'étranger, échangent des souvenirs au micro de Catherine Perrin. 
 
L'anxiété de la nourriture 
« Quand on était au restaurant, je gardais le pourboire et je le montrais à ma mère, toute fière! Dès que le réfrigérateur commençait à se vider, selon ma mère, j'étais stressée, anxieuse. Il fallait toujours que je m'assure qu'il y avait assez de nourriture. En dessous de mon lit, ma mère retrouvait des provisions », raconte Alexandrine Ubiera-Joncas, originaire de la République dominicaine. Adulte, la crise d'identité l'a poussée au bord du suicide. Ses grands-parents lui ont offert un voyage dans son pays natal. « Enfin, je pouvais mettre des images sur mon histoire! » 
 
« Je cachais beaucoup de nourriture dans ma taie d'oreiller. Je n'étais pas tout à fait conscient que mes parents adoptifs étaient au courant, jusqu'au jour où un morceau de chocolat enveloppé dans du plastique s'est mis faire du bruit. Mes parents m'ont fait comprendre que le réfrigérateur serait toujours plein, que je serais bien nourri et qu'on ne me priverait pas », relate Esteban-Orlando Fleurant, lui aussi adopté en République dominicaine. Lui aussi a fait un pèlerinage dans son pays d'origine. « Quand on pose le pied hors de l'avion, l'odeur nous revient; on sait exactement qu'on vient de là! » 
 
Malade 
« Au moins, je savais que j'avais mon frère biologique avec moi. Selon mes parents, je le protégeais beaucoup quand on était jeunes. Il fallait toujours que je le voie autour, sinon, je faisais une petite crise », raconte Christine Germain, adoptée aux Philippines. « J'étais très malade quand je suis arrivée ici. J'avais la peau sur les os, avec la grosse bedaine due à la malnutrition. » 
 
Psychiatres à la rescousse 
« Le plus jeune se jetait devant les voitures, littéralement, pour mourir, quand il est arrivé, raconte Marguerite Blais. Qu'est-ce que tu fais avec ça? Tu vas à [l'hôpital] Sainte-Justine voir un psychiatre! Le psychiatre te dit : "Toi aussi, Marguerite, tu vas voir un psychiatre!" Donc, il y a en a deux qui vont voir un psychiatre, parce que vous devez comprendre! » 
 
Un événement-bénéfice au profit du Regroupement des adopté(e)s à l'international sans frontières (RAIS), avec Paul Kunigis, Karim Ouellet, Bïa, Alexandre Désilets et plusieurs autres, aura lieu le 18 mai au cabaret La Tulipe, à Montréal.


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