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Jacques Bertrand

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Société

Le compagnonnage à la mode germanique pour les apprentis

Le vendredi 9 novembre 2007

Le compagnonnage à la mode germanique pour les apprentis

Une tradition médiévale incite un nombre grandissant de jeunes Allemands à démarrer leur carrière d'artisan d'une manière quelque peu inusitée. Ils quittent leur foyer pour quelques années et offrent leurs services d'ouvrier partout dans le monde. 
 
 
Le compagnonnage moderne 
Cette version allemande du compagnonnage (wanderschaft) existe aussi en France, mais sous une forme un peu différente. Après avoir passé leur examen d'apprenti, certains jeunes Allemands décident de prendre du métier en allant travailler de manière itinérante, passant d'un projet à l'autre dans différentes villes. 
 
Du Moyen Âge jusqu'à la révolution industrielle en Allemagne, ce passage était obligé pour les jeunes apprentis qui se spécialisaient dans un des nombreux métiers artisanaux, comme la menuiserie ou la charpenterie. Ils devaient quitter leur ville natale pendant trois ans et un jour, afin de pratiquer leur métier en tant que compagnons itinérants. Ils devenaient maîtres par la suite. 
 
Depuis le début du 19e siècle, le compagnonnage itinérant n'était plus une étape obligatoire dans la formation des jeunes artisans allemands. Mais depuis une trentaine d'années, cette pratique attire de plus en plus de gens. 
 
 
Des particularités 
Ces apprentis se distinguent par leur apparence. Ils portent tous un chapeau noir, parfois à grands rebords ou haut-de-forme, ainsi qu'un costume de style médiéval et un bâton de marche torsadé. Le but de ce costume est de rendre ces jeunes travailleurs facilement reconnaissables, pour que les gens qui veulent leur offrir du travail puissent les approcher. 
 
 
Les confréries 
Les différentes associations de compagnons ont chacune leurs rituels secrets et leurs codes connus seulement en interne. 
 
Chacun de ces regroupements dicte les « règles » de comportement du travailleur itinérant, par exemple la durée du voyage. 
 
Le jeune compagnon doit avoir moins de 30 ans, être célibataire, libre de dettes et ne pas avoir de problèmes avec la justice avant d'entreprendre son voyage. 
 
Lors de son départ, le voyageur n'a droit qu'à un baluchon comme bagage et cinq euros en poche. 
 
Par contre, lorsqu'ils entreprennent un plus long projet, les compagnons doivent être payés au tarif du marché, sinon la concurrence serait déloyale pour les autres artisans locaux. Mais tout l'argent gagné doit en principe être dépensé en cours de route, pour ne revenir qu'avec cinq euros en poche en fin de parcours. 
 
On estime qu'il y aurait entre 600 et 800 compagnons allemands sur la route en ce moment, dont 10 % sont des femmes. 
 
La plupart des compagnons itinérants en profitent pour traverser l'Europe, aller en Scandinavie, aux Pays-Bas ou en France. Il y en a d'autres qui oublient un peu le concept des moyens de transport médiévaux pour prendre l'avion jusqu'en Amérique du Sud, ou même aux États-Unis et au Canada.


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