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Politique

Jean Doré : affaibli par le cancer, animé par Montréal

Le mardi 25 novembre 2014

Jean Doré dans les studios de Radio-Canada en janvier 2014
Jean Doré dans les studios de Radio-Canada en janvier 2014     Photo : Radio-Canada/Marie-Eve Tremblay

Maire de Montréal de 1986 à 1994, Jean Doré a symbolisé le renouveau de la politique municipale, mettant un terme au règne de 26 ans d'un seul parti. Vingt ans plus tard, après un été béni de soleil et de sport, le diagnostic d'un cancer du pancréas tombe sans appel. Il s'accroche à la vie et aux idées qui lui sont chères. Le temps d'une entrevue, Michel C. Auger l'a retrouvé : amaigri, mais avec le même aplomb dans la voix. 
 
Diagnostic, opération, chimiothérapie. « J'ai retrouvé une certaine allure », confie-t-il. Pour preuve, la simple évocation du mot « Montréal » le fait sourire. Jean Doré sait qu'il est là pour discuter de son sujet favori.  
 
La maladie qui l'afflige ne l'empêche d'ailleurs pas d'envisager avec optimisme l'avenir de la métropole. Celui qui avait mis sur pied, avec le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), l'Office de consultation de Montréal, se dit « fasciné » devant l'événement Je vois Mtl  : « Faire en sorte que les citoyens se sentent responsables du développement de leur ville. Il ne peut y avoir de plus beau témoignage démocratique. » 
 
 
Pour écouter l'entrevue de Michel C. Auger avec Jean Doré sur votre appareil mobile, cliquez ici.  
 
Sur les problèmes de Montréal, son ton se fait cependant plus ferme. Combatif même, comme s'il retrouvait tout à coup l'arène politique. « La responsabilité première du merdier dans lequel on est, c'est le gouvernement du Québec qui le porte, le gouvernement libéral », insiste-t-il à propos de la saga des fusions et des défusions. 
 
L'ancien maire enjoint les gouvernements de régler les problèmes d'équité fiscale entre la ville et ses banlieues. Entre les arrondissements aussi, le manque de mécanismes de redistribution l'enrage. « Tout le monde s'est étonné que Montréal-Nord "pète au frette" dans les années 2000. Mais quand les jeunes ont pour seul centre de loisirs la rue, on ne peut pas s'étonner qu'il y ait des problèmes sérieux », dénonce-t-il.  
 
Surtout, pour donner à Montréal tout ce qu'elle mérite, d'autres sources de financement que les taxes foncières doivent absolument être envisagées. Jean Doré estime qu'un pourcentage des taxes de vente, retirées par Jacques Parizeau en 1980, devrait retourner aux villes. « Un moyen facile de financer une ville centrale par les non-résidents et d'alléger le fardeau fiscal des résidents », explique-t-il. 
 
L'absence de planification urbaine centrale à Griffintown le dépasse également. « C'est un exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire. C'est improvisé d'un bout à l'autre », estime-t-il. « Trop pressés de « mettre des grues dans le ciel » de Montréal, les leaders n'ont pas pensé aux parcs, aux écoles, etc. » 
 
Jean Doré conclut en appelant l'administration actuelle à dépasser ses propres accomplissements : « Regardez notre bilan dans Wikipédia, la barre est haute. »


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