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Annie Desrochers

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Société

La difficulté de répondre aux besoins des EHDAA dans les écoles publiques

Le mardi 24 février 2015

« C'est beaucoup pour mon petit garçon, on devient les thérapeutes de nos enfants. »  - Nathalie Laurencelle, mère de trois enfants
« C'est beaucoup pour mon petit garçon, on devient les thérapeutes de nos enfants. » - Nathalie Laurencelle, mère de trois enfants     Photo : Radio-Canada/Tamara Alteresco

Au Québec, un élève sur cinq est considéré comme handicapé ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), une étiquette qui devrait leur garantir de l'aide. Toutefois, avec le manque de ressources dans les écoles viennent des choix déchirants. Portrait de trois familles pour lesquelles chaque jour est un combat et dont les enfants ont peu de chance de réussir sans l'aide pédagogique nécessaire. 
 
Être la thérapeute de son enfant 
 
Le fils de Nathalie Laurencelle était à la garderie quand la liste de diagnostics est tombée : désorganisation sensorielle, hypotonie buccale, dysphasie sévère, TDAH et trouble du sommeil. 
 
Aujourd'hui âgé de 7 ans, son fils est un « code 34 ». Dans le jargon administratif du système scolaire, ce code devrait lui permettre d'obtenir des services d'orthophonie, sans lesquels il est voué à l'échec. En principe. 
 
En réalité, son enfant n'a pas vu de spécialistes en classe depuis trois mois en raison du manque de ressources et les conséquences sont brutales. 
 
 
 
Vivre dans l'incertitude 
 
Philippe a 11 ans. Sur la patinoire, il est maître de son potentiel, mais à l'école, c'est une autre histoire. Il souffre de dyslexie et d'un trouble du déficit de l'attention. Il est conscient de ses carences, et surtout de ses besoins. 
 
Exaspérée et inquiète, sa mère, Claudia Beaudin, n'en peut plus de vivre dans l'incertitude et de se battre pour avoir accès à des ressources. Philippe rame de toutes ses forces, à contre-courant. 
 
Ses parents ont choisi de se serrer la ceinture et de faire les sacrifices financiers nécessaires à son intégration dans une école privée, dès l'an prochain. 
 
 
 
Comprendre les limites de l'école 
 
Il en aura fallu des batailles pour que Guylène Dhormes, mère d'un enfant autiste, trouve les services adéquats pour son fils. Aujourd'hui, elle consacre ses temps libres à aider d'autres parents à se sortir du cauchemar bureaucratique et... émotionnel. 
 
Comme représentante du comité de parents d'élèves handicapés et en trouble d'apprentissage à la Commission scolaire de Montréal, elle constate tous les jours le manque de ressources dans les écoles, malgré le travail acharné des enseignants... De l'argent, il n'y en a pas! 
 
Elle s'interroge sur les priorités du gouvernement et sur les limites de l'école, et elle refuse de baisser les bras au nom des milliers d'enfants qui souffrent, faute de service adéquat. 
 
 
 


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