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Le blogue-notes

Le génie est-il génétique?

Publié le 18 janvier 2011, 10h30
Cerveau

« Je n’ai pas la bosse des maths », « La chimie, je n’y ai jamais rien compris », « Je ne suis pas doué pour la musique »… Attention, toutes ces excuses pourraient ne plus tenir, alors que la science révise sa position du « tout génétique ».

À la suite des recherches sur le génome humain, tout est devenu « génétique ». Les athlètes, les artistes, les génies musicaux... Tout ça, leur succès, leur talent, ça devait être dû à leurs gènes. L’auteur David Shenk déboulonne le mythe et redonne à l’environnement de vie, à l’éducation et à la persévérance ses lettres de noblesse.

Dans un article du BBC News Magazine, intitulé « Y a-t-il un génie dans chacun de nous », on explique que l’influence de la génétique sur le quotient intellectuel serait moins importante que prévu.

D’ailleurs, notre capacité cognitive, sa malléabilité et sa vivacité pourraient être bichonnées, travaillées et renforcées, comme la plupart des habiletés. C’est une nouvelle façon de voir les choses, alors que, selon la croyance populaire et les théories de l’intelligence qui prévalent depuis une centaine d’années, on naîtrait plus ou moins avec une capacité intellectuelle prédéterminée, le quotient intellectuel, une « quantité d’intelligence » avec laquelle il faut composer.

Comme le souligne l’auteur, ce serait de la folie de croire que l’on peut à tout moment devenir un génie dans le domaine que l’on veut.

Mais la nouvelle idée rejoint celle démontrée par Malcom Gladwell dans l’ouvrage Outliers : the story of success. Selon lui, les génies, les grands, les performants, ont tous la même caractéristique : ils ont pratiqué leur métier, leur sport ou leur talent respectif au moins 10 000 heures avant de devenir excellent. Ce qui prend à peu près 10 ans, à raison de quatre heures par jour.

Évidemment, cette nouvelle position sur la malléabilité de l’intelligence et l’évolution des capacités intellectuelles humaines est à double tranchant.

Le côté négatif, si on n’est pas très bon, c’est qu’on n’a fait pas grand-chose pour le devenir. Dur pour l’ego. Et du côté positif, si on veut, on peut...

Tiens, j’ai déjà entendu ça quelque part.

À lire :
« Is there a genius in all of us? », BBC News Magazine
Catégorie : Société

L’exhibition de la consommation

Publié le 17 janvier 2011, 16h20
Foxy

Photo : ImogenFoxyLocks

Il y a des modes que l’on comprend, et d’autres que l’on n’arrive pas à saisir tout à fait. Des modes qui sont d’une autre génération, d’un autre temps. Quand Facebook a explosé, ce genre de sites était dans l’air. Frienster existait depuis 2002, mais était excessivement lent, MySpace était à son apogée en 2005, et était généralement laid. Puis, Facebook est arrivé fort en 2006. C’était un coup de génie, mais je comprenais. Là, je ne comprends pas. À 31 ans, je suis vieux.

Il y a cette mode. De jeunes adolescentes exhibent devant leur webcam le contenu de leur virée magasinage. En anglais, les Américains ont décidé de nommer cette mode le « hauling », de haul qui signifie butin.

Quand, à propos de Facebook, on dénonce le narcissisme éhonté et naïf des jeunes, je m’oppose. Le fameux stéréotype de l’oncle qui, au tournant des années 80, prend en otage et ennui ses invités avec une séance de diapositives interminable de son voyage en Floride, n’était-il pas aussi, sinon plus imbu de son importance qu’un jeune qui partage, à qui voudra bien y consacrer du temps et quand il le voudra bien, ses photos de voyage, afin de lui permettre de rêver un peu?

Mais autre temps, autres moeurs. Ici, ce n’est pas d’un partage altruiste de beaux souvenirs d’évasion qu’il s’agit. C’est purement mercantile. La psychologue de la consommation Kit Arrow, dans l’article de Rue 89, appelle ça « l’expression moderne de la volonté intemporelle de faire partager la joie d’une trouvaille». Elle est l’auteure de l'ouvrage Genbuy pour «Génération Achat». On aura compris.

Bref, l’Américaine JuicyStar07 - et quelques centaines de ses contemporaines - magasinent et parlent de leurs superbes trouvailles sur YouTube. Elles accumulent les adeptes et, pour les plus populaires d’entre elles, l’argent, puisque avec ce nouveau « métier » de magasineuse en ligne vient le partage des revenus des publicités de YouTube, et les commandites de vêtements et de produits cosmétiques. Bref, de la relation publique 2.0 spontanée. Les marques en raffolent. Les jeunes filles aussi.

Voilà, je suis largué.

Avant, on voulait éviter les publicités, le racolage et la promotion, maintenant, on en fait, pour le plaisir.

À lire :
- « Hier j'ai acheté ça : les ados déballent leur sac sur YouTube » (mis à jour)
- Vider son sac en ligne (Le Devoir)
Catégories : Consommation, Internet
Bibliothèques virtuelles

La journaliste Natasha Singer retrace l’histoire des bibliothèques aux États-Unis et souligne que ce pays prend du retard du côté numérique.

En 2005, la Norvège a lancé un vaste projet de numérisation de ses livres et de sa culture. Les Pays-Bas ont fait de même. On parle de centaines de milliers d’heures de radio publique, de livres, de journaux et de photographies mises à la disposition du public.

En Europe, il existe de grands projets de mise en commun de l’information avec des sites comme theeuropeanlibrary.org.

La commission européenne, quant à elle, subventionne le projet Europeana , où, en plus des livres, on trouve les copies de films sur l’art et des reproductions d’art visuel. Il y aurait plus de 15 millions de fiches dans cette bibliothèque numérique.

Du côté américain, il y a bien le projet de Google, un projet énorme, mais mené par une entreprise privée. Google tente d’ailleurs de s’entendre avec les autorités pour pouvoir fermer les portes virtuelles de son Google Books et charger des frais aux universités américaines et étrangères pour la consultation, et ce, même pour les livres libres de droits, qu’elle a d’ailleurs numérisés à partir des bibliothèques des universités américaines elles-mêmes.

Ainsi, les États-Unis en sont à leur premier balbutiement de projets public, essentiellement mené par Harvard et quelques autres universités.

La Grande Bibliothèque offre plusieurs ressources en ligne, mais aucun projet aux États-Unis, au Canada ou au Québec ne semble aussi fédérateur et ambitieux que ceux lancés en Europe.

À lire :
- Playing catch-up in a digital library race »
Catégorie : Internet
Livres photos

Avec l’avènement de la photo numérique, plusieurs d’entre nous sont aux prises avec des centaines, voire des milliers de photos qui croupissent seules dans les limbes numériques poussiéreux de leur disque dur. Afin que l’on puisse pleinement apprécier ces souvenirs impérissables, Internet offre maintenant un service qui s’avère peu coûteux : l’impression du livre de photos sur mesure.

Le magazine télévisé sur la consommation Légitime dépense, diffusé sur Tou.tv et Télé-Québec, propose ce mois-ci un reportage sur la popularité des albums de photos numériques personnalisés, qui ressemblent davantage aux livres d’art de type « table à café », qu’aux bons vieux albums photos traditionnels.

Il est maintenant possible d’obtenir un service en français, de fournisseurs québécois. Ce qui n’était pas le cas il y n’y pas si longtemps.

Qu’est-ce qu’on nous offre? Des livres à couverture rigide ou souple. Des couvertures ou des jaquettes personnalisées, papier mat ou photo glacé, pour un prix équivalant à un album qu’on fait soi-même à partir d’impressions, soit une quarantaine de dollars. Que ce soit pour des formats allant des 6X6 aux très grands 12x12, les sites tels que Blurb (américain), livrephoto.ca et Lozeau (Québec) et les fameux services d’Apple et sa suite iPhoto vous offrent des logiciels pour créer ces albums en un rien de temps.

Une belle façon de mettre l’information au service de ses souvenirs pour les rendre bien tangibles et les faire sortir du virtuel et de l’écran.

Liens :
- L’émission Légitime dépense sur Tou.TV
- Reportage écrit
- Vidéos

Quelques sites :
- Blurb
- Créer votre propre livre : livre photo.ca (Entreprise du Québec)
Catégories : Consommation, Voyage, Internet

L’utopie du bungalow, la suite...

Publié le 11 janvier 2011, 12h53
Prevel


Tout comme la voiture était autrefois une icône de la liberté, le bungalow, lui, était synonyme de confort et de cocooning. Mais il a perdu des plumes au cours des dernières années. Dans une série de reportages, Isabelle Craig propose un regard neuf sur la cohabitation, qui fait chaque année plus d’adeptes.

L'habitat groupé pour personnes âgées
Isabelle Craig s’est d’abord rendu dans le Nord de l’Ontario dans son reportage La vie après le bungalow : l'habitat groupé, pour rencontrer un groupe de personnes âgées qui, plutôt que de viser la maison de retraite, ont décidé de mettre leurs ressources en commun. Avec des hypothèques séparées, ils sont propriétaires de leur portion de maison et engagent de façon commune une aide soignante et une aide de maison. Il y a bien sûr l’aspect communautaire qui entre en ligne de compte. L’esprit de communauté se forme rapidement.

Habitation : la mise en commun, sans la commune
Que l’on parle d’habitation fusion ou simplement de cohabitation, les familles ont trouvé de nouvelles manières de cohabiter depuis les années 1970. Outre les coopératives d’habitation, où l’on retrouve souvent de véritables communautés familiales, les cohabitats nouveau genre ne boudent pas l’accès à la propriété : ils l’encouragent. Dans son reportage La mise en commun, sans la commune, la reporter a rencontré plusieurs familles qui se sont jointes à des projets de cohabitation où les salles communes sont multiples, les chambres d’amis sont à louer et les outils partagés. Il est facile de trouver une gardienne et les enfants peuvent jouer en toute quiétude, sous surveillance de la communauté. Mais, contrairement aux années 1970, chacun demeure propriétaire de sa demeure. Un exemple qui fera des petits?

L'écocommunauté
Plus près des idéaux hippies des années 1960, le concept d’écocommunauté reprend l’idée d’un certain retour à la terre et de l’autosuffisance alimentaire.

Il n’y cependant là rien de soixante-huitard ou de l’idéologie communiste. Ici, on revisite le concept de la commune avec des idéaux écologiques, de véritables titres de propriété et plusieurs hectares de terre.

Isabelle Craig s’est rendue en Ontario, dans le petit village de l’écocommunauté de Caledon.

L’avenir de la cohabitation
Notre réflexion sur la nouvelle cohabitation se termine cette semaine avec une table ronde en compagnie de Michel Desgagnés, initiateur du projet Cohabitat Québec, Jacques Vincent, coprésident du groupe Prével, et Gérard Beaudet, urbaniste. La question qu’on leur pose : les villes du 21e siècle sont-elles le départ d’une mutation vers de nouveaux modes de cohabitation qui sont là pour durer?

Ils semblent tous le penser, bien que la réaction des baby-boomers, à l’aube de leur retraite, soit bien difficile à prédire.

Mais pour les jeunes, la création d’espaces communs (terrasses, salles d’entraînement, piscines et BBQ) semble faire partie de la nouvelle donne. Des centaines d’entre eux ont fait le sacrifice du pied carré, de la cour arrière et de la clôture blanche. Ils vivent parfois dans un logement de moins de 600 pieds carrés, bien emménagé. En contrepartie : ils s'offrent l’accès à des espaces communs et au centre-ville. Le succès des constructions Prével en témoigne.

Une réflexion fort intéressante sur le futur de l’habitation, qui sera peut-être moins individualiste qu’on l’aurait anticipé.

À écoutez :
Table ronde - L'habitation du futur : la cohabitation?
L'Habitat groupé : la maison de retraite réinventée
Le Co-habitat Prairie Sky à Calgary
Les Éco-villages : l'exemple de Whole village près de Toronto

Liens :
Site du Groupe Prével
Site de Cohabitat Québec
Magazine Esquisse de l’Ordre des architectes du Québec portant sur l’Écoconstruction

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