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Le blogue-notes

Trentaine

C’est le temps de toutes les possibilités. L’époque où l’on devrait parcourir le monde, sans attaches, avant l’hypothèque, les enfants et le travail. Les meilleures années de la vie, quoi, diront certains.

Pourtant, pour plusieurs, le passage de la vingtaine à la trentaine s’avère plutôt difficile. Alors que les angoisses sont simplement reléguées aux oubliettes par les plus vieux d’un simple : « Mais tu as toute la vie devant toi », la crise de la trentaine frappe plus que jamais une nouvelle génération.

Selon une nouvelle étude présentée à la conférence annuelle de la Société britannique de psychologie à Glasgow, les données semblent démontrer une augmentation des dépressions et autres troubles connexes chez les 25 à 35 ans, plus spécifiquement autour de la trentaine.

L’anxiété reliée au travail, le chômage, l’endettement dû aux études, les relations de couples précaires, particulièrement chez les plus instruits, seraient tous des facteurs contribuant aux blues de la troisième décennie.

L’importance de la réussite, de la performance, l’insécurité du marché du travail, la pression sociale qui tend vers la création d’un noyau familial, la solitude, les déceptions tant personnelles que professionnelles seraient à l’origine de cette vague.

Selon un sondage complémentaire à l’étude, 86 % des répondants affirmaient ressentir de la pression pour « performer » davantage; 21 % se préparaient à un changement de carrière.

On estime à 33 % le taux dincidence d'au moins un épisode de dépression, de légère à grave, chez les trentenaires.


À lire en ligne :
-« The quarterlife crisis: young, insecure and depressed »
- Tribal workers, Financial Times

Livres :
- Get it together : a guide to sruviving your quarterlife crisis, Damian Barr
- The social animal: the hidden sources of love, character and achievement, David Brooks
Catégories : Société, Art de vivre, Santé

SANTÉ MENTALE
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Une nouvelle étude britannique soutient que 17 % des femmes seraient victimes de dépendance à la cyberpornographie. Basés sur une étude réalisée en 2006 par la firme Internet Filter Review, les chiffres qui se dégagent de cette étude sont surprenants, voire exagérés. Il n’en reste pas moins qu’il semble exister une véritable modification du rapport à la pornographie, particulièrement chez les jeunes femmes qui ont grandi avec Internet.

Dans l’article, la journaliste Tanith Carey discute avec une jeune diplômée universitaire de 21 ans qui a commencé sa consommation de matériel pornographique à l’adolescence, par curiosité, en compagnie de son partenaire du moment. À la sortie de l’Université, devant une période économique difficile, un marché de l’emploi moribond et un problème de chômage, l’ennui et l’anxiété l’ont poussée à trouver un certain réconfort dans la consommation de pornographie.

L’occasion fait le larron : l’accessibilité, une plus grande acceptabilité sociale, la gratuité et l’anonymat en font une drogue facile à consommer, jusqu’au jour où la consommation se transforme en dépendance.

Comme le mentionne l’un des psychologues interviewés, il ne faut pas négliger la force d’une dépendance liée à la sexualité. L’orgasme provoque la production des hormones du bonheur, la dopamine-oxytocin, dont l’effet sur le corps et l’esprit peut être apparenté à la puissance chimique d’une dose d'héroïne. L’ordinateur, omniprésent, devient sexué.

En ce qui concerne la pornographie, les femmes, selon les propos des experts, vivent un paradoxe plus grand que les hommes qui peut provoquer une perte de l’estime de soi. D’une part, elles en retirent un certain plaisir. L’intérêt pour la sexualité est un comportement normal. De l’autre, intellectuellement, elles sont aux prises avec la contradiction qui existe entre cette femme-objet condamnée par la société et leurs propres désirs.

La dépendance à la pornographie était considérée comme un problème essentiellement masculin - les femmes venaient consulter pour leur partenaire masculin. Depuis deux ans les cliniques spécialisées reçoivent des dizaines de femmes, surtout des jeunes, qui font face à l’anxiété, à la dépression et à des problèmes d’estime de soi dus à la consommation de pornographie en ligne. La demande de thérapie chez les jeunes femmes aurait explosé.

À lire :
- « Why more and more women are using pornography »

Nouveaux repères, semaine 15

Publié le 12 avril 2011, 11h0
avion

Aviation et Internet : état des lieux

La semaine dernière, les forces de l’Univers se sont alignées pour permettre un tour d’horizon de l’aviation.

Tout d’abord, verrons-nous bientôt des avions plus silencieux, consommant 30 % moins de carburant? C’est tout à fait possible, nous dit Fassi Kafyeke, directeur des technologies stratégiques de Bombardier aéronautique, dans l’entrevue « Vers une aviation plus verte? ».

Mais acheter un billet d’avion n’est pas toujours de tout repos. Malgré la nouvelle loi – pas si nouvelle que ça – qui oblige les transporteurs aériens à afficher le prix coûtant, plusieurs pièges sont encore à reconnaître pour ne pas se laisser prendre par l’attrait des rabais aux allures trop alléchantes.

Fabien Deglise, lors de son observatoire de la consommation, nous met en garde contre ces trop nombreuses entourloupettes qui, au final, ne sont pas si innocentes pour notre portefeuille.

À écouter : Cinq choses à savoir avant de voyager en avion
http://www.radio-canada.ca/emissions/lapres-midi_porte_conseil/2010-2011/chronique.asp?idChronique=145643

( Merci à Yves Z Gauthier qui a participé dans les commentaires en notant tous les sites mentionnés pendant la chronique, et plus encore!)

Et pour terminer ce voyage : l’achat de billets en ligne.
Lors de notre laboratoire du mercredi, deux journalistes, Stéphanie Grammond et Simon Coutu, ont testé l’offre abondante en matière de sites spécialisés dans la vente de billets d’avion, de location d'hôtel et de voiture.

Si on y met le temps, il y a moyen de faire quelques économies d’argent. Sinon, il y a toujours les agences, qui vous font réaliser une économie de temps. Et comme le temps, c’est de l’argent...

À écouter : Les meilleurs sites Internet pour l'achat de billets d'avion

Bon voyage!

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L’automobile verte : un rendez-vous manqué?
Il vaut mieux un plan que pas de plans du tout, comme le soulignait François Cardinal dans son papier « Le Québec à la remorque ».

Plusieurs ont dit que c’était peu et très tard, dont André Robitaille, du Devoir : « Offensive pour les véhicules électriques - Québec tente de faire oublier ses échecs », alors que d’autres ont salué l’initiative du gouvernement (André Boisclair, les rayons)

Mais rappelons seulement que le nouveau programme du gouvernement offrira un rabais équivalant à moins de 10 % de la valeur du véhicule, et ce, pour 10 000 véhicules sur 4 ans, soit 2500 par année.

Or, il se vend plus de 35 000 véhicules automobiles par mois. Rien ici pour changer le visage des routes et des centres-villes du Québec.

Pendant ce temps, en Europe, des solutions beaucoup plus ambitieuses sont déjà en place. Il suffirait de les imiter. Même pas d’innover ou d’être un chef de file. Juste de les imiter et de tenter de suivre leur rythme en matière de législation automobile.

Le journal Le Monde titrait cette semaine « Plusieurs millions de véhicules polluants bientôt bannis de centres-villes »

On y apprend que, d’ici 2012, une liste de types de véhicules autorisés à fréquenter les centres-villes sera dressée. Trop gros? Trop polluant? Votre plaque d’immatriculation ne vous permettra pas de passer dans certaines régions densément peuplées.

Selon l’OMS, plus de 42 000 morts prématurées en France pourraient être attribuées à la mauvaise qualité de l’air dans les zones urbaines. À Stockholm, des zones de faibles émissions existent depuis 1996. Londres, Copenhague et pas moins de 43 villes allemandes ont fait de même. Et on ne parle même pas de systèmes de bonus-malus.

Timide, la puissance verte du Québec. Verte pâle. Diaphane. Pastel.

Québec roule à la puissance verte (Rapport du gouvernement du Québec)


Et puis, si vous ne l’avez pas vu : Who killed the electric, est un documentaire incontournable sur le sujet.


Finalement, pendant ce temps, le japon prend de l’avance : « Automobile - Le moteur-roue japonais passe en tête », comme nous l’apprend le journaliste et collaborateur Louis-Gilles Francoeur.

Une voiture électrique plus performante qu’une Porsche turbo 911! C’est à suivre. Je préférerais des courses de voitures de formule 1 électriques à Montréal à cette polluante et bruyante célébration du pétrole.

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Téléphones mobiles, transports en commun et taxis

Deux articles en ligne du magazine Wired ont attiré mon attention cette semaine.
- « App-Powered Car Service Leaves Cabs in the Dust »
- « How Smartphones Can Improve Public Transit »

Dans le premier, on raconte l’histoire de cette entreprise en démarrage qui tente de changer le visage du taxi partout dans les grandes villes américaines grâce à une application pour mobile, Uber.

Afin de contourner la folie des permis de taxi, qui coûtent parfois des milliers de dollars, Uber se présente comme un service personnel de navettes. Une espèce de club sélect.

Le fonctionnement : on télécharge l’application, puis on entre ses coordonnées de paiement. Par la suite, on nous garantit un « chauffeur », pour ne pas dire un taxi, quand on le voudra bien. Il suffit de le commander grâce à l’application. Le GPS de l’application donne notre position exacte au chauffeur.

Ensuite, pas de soucis pour le paiement ou le pourboire : tout est comptabilisé par l’entreprise. On reçoit une facture électronique. Pas besoin de sortir son portefeuille. Le coût? Approximativement 40 % de plus qu’un taxi ordinaire.

Mais selon l’entreprise, la fiabilité est beaucoup plus élevée. Grâce à des cartes en temps réel, et à l’analyse des données liées à la météo et aux habitudes de transport de ses clients, elle peut prédire avec beaucoup plus d’efficacité les besoins dans les différents secteurs de la ville.

Dépassés, les taxis qui attendent patiemment en ligne pendant des heures ou qui errent dans la ville? Peut-être bien.

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Transports en commun
Le mobile pourrait aussi améliorer grandement l’expérience des usagers des transports en commun. Ainsi, la Massachusetts Bay Transportation a décidé de s’inspirer de la stratégie Open Data (données libres).

Elle fournit à qui le veut bien les données brutes de tous ses transporteurs en temps réel. Horaires, retards, modifications des trajets.

Ainsi, plus de 30 entreprises se sont lancées dans la création d’applications destinées aux mobiles, puisque les données brutes sont offertes gratuitement par la société de transport.

Plus de pouvoir entre les mains des usagers, et ce, à peu de frais, puisque ce sont les entreprises se concurrencent pour offrir la meilleure expérience à l’usager.

L'usager pourra tantôt être averti d’un délai, tantôt recevoir davantage d’information sur les commerces le long d’un parcours d’autobus.

Une voie des plus intéressantes.

Nouveaux repères, semaine 14

Publié le 5 avril 2011, 16h0
Solaire

Environnement : Est-ce qu’un pays pourrait s’alimenter à 90 % d’énergie solaire?

C’est ce que semble proposer le Centre national en énergie solaire d’Israël, qui annonce que le pays pourrait, compte tenu de sa consommation actuelle, produire 90 % de son électricité grâce aux énergies renouvelables, dont l’énergie solaire.

Avec l’installation d’une centrale solaire dans le désert du Néguev, et la position de chef de file du pays dans les brevets liés aux technologies de capteurs photovoltaïques, le pays pourrait, s’il s’y met sérieusement, modifier radicalement sont parc énergétique.

Le problème avec l’énergie solaire à grande échelle, c’est qu’il faut emmagasiner l’énergie afin de ne pas devoir la consommer au moment de sa captation. Pour régler le problème, il y a d’une part les piles, qui sont de plus en plus performantes, mais les chercheurs planchent aussi sur un concept de bassins hydrauliques.

Au Québec, d’immenses réservoirs emmagasinent l’eau derrière les barrages hydroélectriques. L’eau est envoyée dans les turbines selon les besoins en énergie. C’est très efficace.

Le centre de recherche israélien voudrait pouvoir reproduire le même principe de façon artificielle grâce au solaire. Ainsi, l’eau serait pompée à la surface avec l’énergie solaire, pour ensuite être envoyée dans des turbines vers d’immenses réservoirs souterrains, au besoin.

- « Can a Country Get 90 Percent of Its Power From Renewables? » [GreentechMedia]
- Sujet connexe :« Énergie communautaire : les éoliennes de l'Île-du-Prince-Édouard », un reportage d’Isabelle Craig


Ondes cellulaires et effets sur le cerveau

Le Journal de l’association médicale américaine a fait paraître une étude sur les effets du cellulaire sur le cerveau. Une autre, direz-vous!

Par contre, cette fois, il y a des résultats. Les chercheurs ont constaté qu’une utilisation continue du cellulaire aurait une influence sur la métabolisation des glucoses dans le cerveau. Est-ce que ces changements des taux de glucoses ont un effet négatif sur la santé? Probablement pas, dit-on, mais on tient tout de même à mettre en garde la population, par précaution.

L’Institut national de la santé aux États-Unis affirme qu’elle ne veut en aucun cas empêcher les gens d’utiliser leur mobile, mais du même coup, on propose une série de recommandations pour réduire l’exposition aux radiations.

Quelques suggestions :
- Transporter son cellulaire dans un sac séparé. Éviter la poche de manteau collée sur la poitrine, ou la poche du pantalon.

- Utiliser le mode haut-parleur ou un casque d’écoute avec micro, avec fil, autant que possible. Sinon, la solution de rechange : le casque sans fil de technologie bluetooth qui n’émet qu’une fraction des radiations du cellulaire lui-même.

- Prendre en considération le fait que les cellulaires émettent davantage lorsque l’utilisateur est en mouvement (voiture, autobus) ou lorsqu’on est à l’intérieur des édifices, puisqu’ils cherchent constamment le signal.

Plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et la Russie, ont des politiques particulières d’avertissements concernant l’usage de cellulaires destinés aux enfants en croissance, plus fragiles aux radiations.

Bref, faites comme tout le monde et envoyez des courriels. C’est plus prudent.
- «Cellphone Radiation May Alter Your Brain. Let’s Talk. » [NYT]
- « Effects of Cell Phone Radiofrequency Signal Exposure on Brain Glucose Metabolism » [The Journal of the American Medical Association]


Du jeu sérieux pour le 100e anniversaire de la Bibliothèque publique de New York



Lors de la table ronde des Rayons, Anne Darche nous a parlé, il y a quelque temps, du livre de Jane McGonigal, Reality is broken, qui parle du jeu, de ses techniques et des façons de les appliquer au monde réel pour l'améliorer.

La diplômée de Berkeley, reconnue par le MIT comme l’une des personnes à surveiller dans le domaine de l’innovation technologique, participe à la création d’un jeu afin de souligner le rôle de la Bibliothèque publique de New York.

Intitulé Find de futur (trouver le futur), le jeu proposera aux 500 joueurs sélectionnés, appelés en petits groupes, de réaliser 100 différentes quêtes en une nuit.

Les joueurs devront débusquer les trésors cachés de la bibliothèque et le prouver en lisant les codes QR avec leur mobile.

Ensuite, ils devront produire, à l’aide des indices trouvés, un document, et le rédiger pendant la nuit.

Un exemple : À quoi ressemblerait la Déclaration d’indépendance des États-Unis si elle était rédigée aujourd’hui? Et il faut l’écrire!

Bref, trouver le futur à l’aide du passé. L’événement aura lieu le 20 mai prochain à New York. Une initiative dont on pourrait s’inspirer.




- « Jane McGonigal to Find the Future at the New York Public Library » [Fast Company]

Matante? Non, monsieur!

Publié le 28 mars 2011, 11h0

Depuis la parution de l'article du chroniqueur Stéphane Baillargeon du quotidien Le Devoir sur la « madamisation » des médias, vous avez été nombreux à me demander ce que j'en pensais. Voici donc ma réaction.

Le 21 mars dernier, dans les pages du quotidien Le Devoir, le chroniqueur médias Stéphane Baillargeon s'en est pris à ce qu'il appelle « la madamisation » des médias (terme emprunté, dit-il, à l'une de ses collègues féministes). Selon lui, le magazine Madame, jadis Madame au foyer, disparaît de l'univers médiatique parce les grandes chaînes « pastichent » et relaient sa formule : services, vie pratique, consommation, cuisine, beauté, etc.

À titre d'exemple, Stéphane Baillargeon cite Deux filles, le matin et Tout simplement Claudine, diffusées à TVA, ainsi que... L'après-midi porte conseil, émission que j’anime depuis bientôt deux ans sur la Première Chaîne de Radio-Canada. « Comme quoi, ajoute-t-il, une matante, souvent, se terre dans chaque madame. » Puis-je vous dire que je me suis sentie franchement insultée? Insultée personnellement, mais aussi pour l'ensemble des femmes qui occupent actuellement le paysage médiatique, ainsi que pour toutes celles qui les écoutent.

Abasourdie aussi, par le manque flagrant de rigueur dans l'argumentaire de Stéphane Baillargeon. D'abord, le chroniqueur place dans la même « sacoche » les magazines féminins, les émissions de services, de cuisine, de culture et de société, ainsi que les talk-shows du matin, des émissions qui ont en commun d’être toutes animées par des femmes. Comment ne pas constater, dans l'énumération de M. Baillargeon, une macédoine de grosses rancœurs?

Dois-je souligner que Stéphane Baillargeon pousse sa mauvaise foi jusqu'à comparer ces émissions à celles d'information ou d’affaires publiques?

Par ailleurs, de tout temps, les médias, tous réseaux confondus, ont produit des émissions destinées particulièrement aux femmes, aux hommes, aux enfants ou aux amateurs de jeux-questionnaires, ou encore des émissions pour tous, que je qualifierais « d'unisexes ». Nous constatons depuis plusieurs mois une prolifération d'émissions de cuisine. Est-ce à dire que nous sommes en train « d'alimentariser » les médias? Ridicule!

Maintenant, sur un plan plus personnel, je trouve simpliste et gratuit de proclamer qu'une émission soit « matante » et insignifiante, qu'elle contribue à une supposée « madamisation » des médias, sans en avoir analysé un tant soit peu le contenu.

Si Stéphane Baillargeon avait écouté les deux heures de L'après-midi porte conseil durant une semaine, il aurait noté l'excellence et la pertinence de nos nombreux collaborateurs. Il aurait entendu les analyses de Fabien Deglise en consommation et de Louis-Gilles Francoeur en environnement (deux de ses collègues du Devoir).
Il aurait également entendu notre Conseil des Y qui donne la parole aux jeunes; notre Conseil des Nations unies qui regroupe des immigrants; notre Conseil de famille pour les parents (à moins que M. Baillargeon estime qu'encore aujourd'hui, l'éducation des enfants n’est qu'une affaire de madame!).

Il aurait aussi entendu Jacques Duval et Daniel Breton parler de voitures et d'environnement. Les analyses d’André Boisclair, d’Anne Darche et de la Dre Marie-France Raynault. L'historien Daniel Turcotte, l'urbaniste Gérard Beaudet, nos débats sur les grands enjeux sociaux, en santé et consommation.

Vraiment, plus matante que ça, tu meurs...

Cela dit, nos contenus sont parfois saupoudrés d'éléments dits « pratico-pratiques ». Nous testons des produits de consommation avec des spécialistes, nous donnons de bonnes adresses et des conseils financiers. Nous sommes, pour la plupart, des consommateurs sur deux pattes dans une société qui nous pousse à acheter toujours plus.

Dans ce contexte, je trouve extrêmement utile de comparer les produits que nous consommons, ne serait-ce que pour faire de nous des « consommateurs avertis »! En quoi ces tests contribuent-ils à la « madamisation » de notre émission?

J'ajouterais, en toute honnêteté, qu'à ses débuts, en septembre 2010, L'après-midi porte conseil était elle-même une émission « laboratoire ». Créer une toute nouvelle émission de service aussi dense que variée ne se fait pas en une seule saison. Il nous est arrivé parfois de repousser un peu trop les limites du ludique, mais nous avons vite corrigé le tir pour préserver notre pertinence, et nous y travaillons encore quotidiennement. Dommage que M. Baillargeon ne se fie qu'à ses premières impressions, mais que voulez-vous, « perception is reality », et personne n'y échappe.

Je suis également consternée par l'aura de sexisme et de misogynie qui plane autour des propos de Stéphane Baillargeon. Si toutes les femmes qui animent des émissions dites de services sont des nunuches ou des matantes, alors que dire de celles qui les écoutent? Permettez-moi de m'insurger contre cette analyse qui manque franchement de discernement. J'espère que sa collègue féministe saura lui dire qu'il a dépassé les bornes...

Dominique Poirier
Fière animatrice de L'après-midi porte conseil
Première Chaîne - Radio-Canada

P.-S. Ce matin, le chroniqueur Baillargeon poursuit sur sa lancée. Sentait-il le besoin de se rattraper? Il termine ainsi : « Je m'intéresse à la philo et aux sciences sociales, aux débats d'idées, à la critique sociopolitique, à l'architecture et à l'histoire... » M. Baillargeon devrait nous écouter, il serait bien servi...
Catégories : collaborateurs, Société

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