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Science et technologie

Un oligopole dans l'édition de revues scientifiques

Le mercredi 24 juin 2015

Bibliothèque de l'Université du Québec à Trois-Rivières
Bibliothèque de l'Université du Québec à Trois-Rivières     Photo : Radio-Canada

Si s'abonner aux revues scientifiques est devenu si cher pour bien des bibliothèques universitaires, ce serait en partie à cause d'Internet. Depuis la révolution numérique, plus de la moitié des revues se sont concentrées aux mains de cinq grands éditeurs, selon une étude coécrite par le professeur Vincent Larivière, de l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal. Jean-Sébastien Bernatchez s'entretient avec lui. 
 
« On est parti d'un système où la plupart des revues étaient détenues par de petits éditeurs indépendants à l'ère numérique [...], où ces petites sociétés savantes n'avaient pas les moyens [...] d'avoir des serveurs sur lesquels diffuser des articles en ligne, observe le chercheur. Elles étaient toujours dans le monde papier. Ç'a eu pour effet de rendre ces revues relativement fragiles et de faciliter leur rachat par les grands éditeurs. »  
 
Les chercheurs soumettent gratuitement leurs recherches aux grandes revues établies et détenues par de grands éditeurs. Les revues font ensuite réviser les recherches par des pairs avant de les publier. 
 
« On se retrouve donc dans une situation dans laquelle le produit fini, maintenant propriété des grands éditeurs, est revendu aux bibliothèques à des coûts plutôt élevés », note M. Larivière. 
 
Avec le web, les universités pourraient, en théorie, simplement publier et faire réviser elles-mêmes leurs recherches, ou passer par de plus petites revues. Cependant, elles acceptent de se soumettre à l'oligopole des grands éditeurs en raison du prestige qu'elles leur attribuent.  
 
« Plus les bibliothèques se désabonnent, plus les universités doivent être cohérentes et, je dirais, donner une valeur moins importante à ces revues », analyse M. Larivière, qui a lui-même fait paraître son étude dans une revue en ligne ouverte et gratuite.


EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - The Oligopoly of Academic Publishers in the Digital Era

L''étude de Vincent Larivière, Stefanie Haustein et Philippe Mongeon sur le site de la revue Plos One

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