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Les meilleurs moments : Émission du vendredi 26 août 2016

Politique

Le parcours politique de Stephen Harper en 10 mots

Stephen Harper
Stephen Harper     Photo : Frank Gunn

Stephen Harper a annoncé qu'il démissionnait de son poste de député de Calgary-Heritage. En entrevue avec Jean-Sébastien Bernatchez, Frédéric Boily, politologue au campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta, à Edmonton, résume le parcours politique de Stephen Harper en 10 mots. 
 
 
La liste des 10 mots du politologue Frédéric Boily: 
 
 
Ouest  
Stephen Harper est parvenu à exécuter le projet politique du Parti réformiste de Preston Manning d'amener l'Ouest à Ottawa, surtout avec un gouvernement majoritaire (2011). C'est ainsi que la thèse de l'aliénation de l'Ouest n'a cessé de reculer de 2006 à 2015, au point de disparaître presque complètement du discours des acteurs politiques albertains. 
 
Québec 
Un rendez-vous manqué avec le Québec, car après avoir promis un fédéralisme d'ouverture et reconnu le Québec comme « une nation au sein d'un Canada uni » (2006), les conservateurs espéraient faire des gains électoraux plus importants, soit de remporter entre 15 et 20 circonscriptions. Mais la personnalité et le programme politique des conservateurs rebutaient trop d'électeurs québécois. 
 
Droite 
La réunion des deux courants de la droite, qui était profondément divisée (l'Alliance canadienne et les Progressistes-conservateurs) en 2000, constitue la réalisation la plus importante de Stephen Harper. Animé par une vision politique du rôle du gouvernement, il a réussi à gagner trois élections – phénomène rare pour les conservateurs fédéraux –, tout en laissant un parti qui reste solide. 
 
Repositionnement 
Stephen Harper voulait que le Canada tourne le dos à l'approche libérale du Canada, tel un « honnête intermédiaire » et un pays de Casques bleus. Il a cherché à repositionner le Canada comme un pays qui défend ses intérêts et qui participe aux missions militaires, tout en prenant des positions claires et fermes sur les questions internationales. Si cela plaisait aux troupes  
conservatrices, l'image du Canada à l'étranger en sortait ternie.  
 
Pipelines 
Stephen Harper a échoué à faire avancer les dossiers relatifs à la construction de pipelines. Il a cristallisé les positions antipipelines des environnementalistes et des Autochtones contre les différents projets. La construction de ces oléoducs est maintenant paralysée. 
 
Religion  
Lorsque Stephen Harper est arrivé au pouvoir, la question de l'influence des groupes religieux a été au cœur des débats. Pourtant, il est lui-même resté discret sur la question, et les conservateurs sociaux ou religieux n'ont pas réalisé de gains politiques en matière d'avortement, ou encore pour maintenir la définition traditionnelle du mariage. 
 
Sénat 
Un autre dossier où le premier ministre a échoué. La réforme prévoyant un Sénat plus représentatif et moins partisan était une demande de la classe politique albertaine. Or, non seulement la réforme ne s'est jamais produite, mais l'affaire Mike Duffy, malgré l'acquittement de ce dernier, a terni la réputation du Sénat. 
 
Équilibre budgétaire  
Au gouvernement, Stephen Harper a imposé l'atteinte de l'équilibre budgétaire comme le premier but à atteindre. Les conservateurs les plus à droite lui reprochent cependant de ne pas avoir su limiter de manière suffisante les budgets de l'État, ce qui n'est pas faux, étant donné que les conservateurs ont réagi à la crise financière avec un plan de relance en 2009.  
 
États-Unis  
Arrivé au pouvoir avec la volonté de renouveler la coopération avec les États-Unis, Stephen Harper a vu au contraire les relations avec les voisins du Sud se refroidir. Le rejet du pipeline Keystone XL, quelques semaines à peine après la défaite de 2015, était symbolique de l'état des relations entre les deux gouvernements. 
 
Israël 
Rarement un premier ministre aura-t-il été aussi prêt à prendre la défense d'Israël. Loin d'appuyer ce pays à de seules fins électoralistes, cette défense s'inscrivait dans sa vision de l'histoire politique du XXe siècle, où les démocraties doivent lutter contre les dictatures. Israël poursuit ce combat aujourd'hui contre les forces de l'islamisme radical.

Série 1418 : La Grande Guerre des CanadiensCanadiens arabes

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