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Arts et culture

« La tolérance, c'est un combat, ce n'est pas un état » - Éric-Emmanuel Schmitt

Le mardi 21 février 2017

Éric-Emmanuel Schmitt en entrevue à Gravel le matin
Éric-Emmanuel Schmitt en entrevue à Gravel le matin     Photo : Radio-Canada/Justine Roberge

Après l'attentat survenu dans une mosquée de Québec, l'oeuvre d'Éric-Emmanuel Schmitt Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, écrite en 1999 et traitant de l'amitié entre un jeune juif et un épicier musulman, prend un tout autre sens. « C'est un texte qui a une résonance totalement différente aujourd'hui », pense l'auteur, qui est de retour au Québec pour fouler les planches du Théâtre du Nouveau Monde. 
 
« En 1999, le rapport à l'islam, c'était de l'indifférence. On ne savait pas tellement ce que c'était. C'était un voyage que les gens regardaient avec des yeux émerveillés, explique l'auteur, qui se dit très touché de venir jouer au Québec. Aujourd'hui, le contexte n'est plus le même. Le rapport à l'islam, c'est un rapport d'inquiétude, voire d'hostilité, voire de haine. Le texte prend des couleurs militantes. » 
 
 
Se battre pour la tolérance 
 
Éric-Emmanuel Schmitt parle de la tolérance comme d'un combat et non comme d'un état. « On n'est jamais arrivés à l'état de tolérance. Il faudra toujours se battre, soutient-il. Je pense même que la tolérance, c'est un combat qu'on ne gagne jamais, et ce qui fait la beauté du combat, ce n'est pas la victoire, c'est la raison pour laquelle on se bat. [...] Il y aura toujours des crétins, il y aura toujours des imbéciles, il y aura toujours des gens qui simplifieront, il y aura toujours des gens qui feront des amalgames, mais battons-nous pour qu'ils soient le moins nombreux possible. Battons-nous avec notre intelligence, avec notre bienveillance, avec notre sens des nuances. » 
 
Il n'est pas triste lorsqu'il regarde la situation du monde, car il croit que les hommes ont toujours trouvé des raisons de tuer les autres et que la société d'aujourd'hui n'y fait pas exception. « Vous savez, c'est toujours un effort de ne pas être bête, souligne-t-il. C'est toujours une lutte de garder les bras ouverts. C'est plus facile de les fermer, c'est plus facile de dénier l'autre, c'est plus facile de le repousser, c'est plus facile de le dédaigner, de le mépriser, c'est même plus facile de le tuer que de l'écouter. » 
 
La pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran est présentée au Théâtre du Nouveau Monde du 22 février au 5 mars.  
 
 


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