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Philippe Fehmiu

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Musique

La chronique de Sylvain Cormier

Le mardi 11 avril 2006

La chronique de Sylvain Cormier

Quand les hommes vivront d’amour — 50 ans 
Trilogie Musique TLGCD1363 
« On dit souvent que Gens du pays de Gilles Vigneault pourrait être l’hymne national d’un Québec souverain, mais on peut dire également ceci : Quand les hommes vivront d’amour devrait être l’hymne national du monde entier. Les dix versions fournies sur le CD ne sont pas de trop. Sauf peut-être celle de Bruno Pelletier, qui parvient presque à ensevelir la mélodie si belle sous un Mont-Tremblant de beurre mou... On a en supplément trois autres admirables chansons de Raymond Lévesque, Les trottoirs, La Famille et Bozo les culottes. L’originale de Raymond Lévesque côtoie celle d’Offenbach, de Luce Dufault, de Marie-Élaine Thibert, celle qu’entonna tout le showbiz français réuni lors d’un gala-bénéfice des Enfoirés, celle que partagèrent Richard Séguin, Bruno Pelletier, Daniel Lavoie et Marie-Jo Thério lors de la Fête nationale en 2001, et les deux versions qu’enregistra Eddie Constantine, le tout premier interprète de Raymond Lévesque. Le constat le plus révélateur ici est qu’on ne se lasse pas de la chanson, même après dix versions. C’est dire la force, non seulement du propos, mais de la mélodie, et pas seulement l’air du refrain. Au CD, faut-il préciser, s’ajoute le DVD de la Musicographie de Raymond Lévesque. En vérité, il faudrait aussi se procurer l’excellente compilation intitulée, Ils chantent Raymond Lévesque, parue l’an dernier chez Disques XXI. Et aussi les rares compilations consacrées à Raymond Lévesque chantant Raymond Lévesque, celle des enregistrements réalisés en France en 1954 (dans la collection Québec Info Musique, sur l’étiquette Expérience), et le remarquable volume de la collection Québec Love pour la période Gamma des années 60. 
 
 
Émily Loizeau 
L’autre bout du monde 
Fargo Records 
« Le plus récent coup de cœur de toute l’équipe de Fréquence libre, mais aussi de toute la presse française, de Libération au Figaro... Il arrive que je me plante royalement quant au potentiel de carrière d’un artiste. C’est ce qui m’est arrivé dans le cas d’Émily Loizeau. De son passage en septembre dernier en finale auteur-compositeur-interprète du Festival international de chanson de Granby, j’avais retenu ceci : elle m’énervait. Elle propose une sorte chanson pas banale, qui doit beaucoup à son passé de pianiste classique, une sorte de chanson qui manie assez expertement les niveaux de lecture, entre émotion et dérision, parfois de manière assez théâtrale. Ce sont en fait des comptines plus ou moins drolatiques qui parlent de ses angoisses, de ses tristesses, du deuil de son père et de ses histoires pas évidentes avec les garçons. C’est extrêmement habile, c’est souvent fort drôle. Bref, un disque absolument séduisant et remarquable, comme quoi on peut se tromper, la preuve. 
 
 
Les Cailloux 
Anthologie 1963-1968 
Disques XXI XXI21547 
Le tout premier passage au format audionumérique de chansons tirées de leurs disques des années 60. Les Cailloux, faut-il le rappeler, c’était notre groupe numéro un de folksong, en français dans le texte. La particularité des Cailloux aura été de les donner à la manière des folksingers américains, dans la foulée de la vogue des « hootenanys » du début des années 60. Rythmes le plus souvent effrénés, mélanges de guitare et de banjo (et parfois d’instruments à vent), harmonies vigoureuses, c’était une manière « jeune » de raviver le répertoire folklorique, en tout cas ce l’était pour qui n’était pas d’allégeance Beatles, Sultans et compagnies. Leur place est cruciale dans notre paysage : il y n’aurait probablement pas eu Garolou, ni les Karriks, la Bottine souriante et, à plus long terme, Les Cowboys fringants et Mes Aïeux.


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