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Michel Désautels

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Les meilleurs moments : Émission du dimanche 19 juin 2016


Société

Retour sur la tuerie d'Orlando

De nombreuses personnes sont présentes à la veillée aux chandelles qui se déroule dans le Village gai de Montréal, le 16 juin 2016.
De nombreuses personnes sont présentes à la veillée aux chandelles qui se déroule dans le Village gai de Montréal, le 16 juin 2016.     Photo : Radio-Canada/Dominic Brassard

La communauté LGBT de Montréal en état de choc 
 
Les membres de la communauté homosexuelle montréalaise croyaient que l'évolution des mentalités, mais surtout, les gains politiques et sociaux acquis au fil des ans leur permettraient de vivre enfin tranquilles. La tuerie survenue dimanche dernier dans la discothèque d'Orlando ébranle les certitudes. Quelques jours après la tragédie, Ginette Lamarche est allée à la rencontre de ces citoyens pour qui la tuerie réveille de vieilles peurs. 
 
Jean-Paul Daoust : De la tolérance 
 
Dans la foulée de ce tragique événement, le poète Jean-Paul Daoust exprime son indignation : oui, à Montréal, en 2016, il y a encore des gais qui se font battre. Non, il ne peut pas enlacer son amoureux sans s'attirer les regards. Jean-Paul Daoust nous livre un texte qu'il a écrit ce printemps sur le thème de la tolérance. Un texte-choc, puissant, nécessaire.  
 
Voici le texte : 
 
De la tolérance 
 
Le verbe tolérer est très insidieux 
Comme si du bout des lèvres on permettait 
On donnait le droit 
Tolérer 
Ce verbe faussement chic 
Entre les parenthèses des commissures 
Où se faufile le mépris 
Comme si en prononçant ce mot-là 
Nous prenions un air de supériorité 
Certes la tolérance est mieux que la persécution 
C'est évident 
Mais je dis que ce mot-là en cache un autre 
Qu'il maquille une réalité 
Que l'on cherche à dissimuler 
Celle de se croire dans la Vérité 
Par rapport aux êtres ou aux choses que l'on tolère 
Ou certaines actions qui nous sont rébarbatives 
L'ignorance est une telle calamité! 
Ainsi on tolère les Noirs les Arabes les Gays 
Mais un immense fossé sépare le mot tolérer 
Du mot accepter 
Il n'y a pas de tendresse dans le mot tolérer 
Sinon une forme de politesse forcée 
Genre vous savez je ne suis pas d'accord 
Mais ma grandeur d'âme me permet de passer outre 
Le mot tolérer est à double tranchant 
On fait semblant d'accepter 
Mais en son for intérieur on refuse 
Cette différence qui définit l'espace de l'autre 
Qui est son territoire son identité 
Que le mot tolérer stigmatise 
Et si la différence faisait partie de notre ADN 
Nous définissant plus sûrement que nos ressemblances? 
Le mot tolérer n'est pas un mot généreux 
En fait il est mesquin 
Il y a une touche d'impatience dans ce mot 
Comme si l'on excusait une faute 
Un état d'être 
Que si on le voulait on pourrait sur-le- champ interdire 
Le mot tolérer n'est pas fiable 
Par exemple on dit j'ai atteint le seuil de ma tolérance 
Or on sait qu'il s'atteint vite celui-là! 
On devine une menace dans le mot tolérer 
Qui ne contient aucun respect 
La tolérance a souvent pour toile de fond la guerre 
Son vernis est très fragile 
On n'a qu'à penser comment les nazis ont traité les gays 
En leur épinglant un triangle rose pour s'en moquer 
Avant de les gazer avec les étoiles jaunes 
Ce pays pourtant depuis des siècles si riche de culture 
Autant par sa philosophie sa musique ses arts 
On tolérait mais dès qu'on a pu 
Tout a basculé 
On a vite sabré dans ce qui semblait toléré 
Car le refus est l'ombre menaçante du mot tolérer 
Et c'est ce qui fait peur 
Voir comment en si peu de temps tout peut chavirer 
Dans le mot tolérer il y a de l'impatience qui trépigne 
Qui grogne et qui peut devenir violente 
À la moindre étincelle 
Ainsi je suis né blanc gay et catholique 
Honni par mon église truffée de pédophiles 
Servant parfois de cobaye aux rires 
Voire aux sarcasmes 
Parlez-en aux intimidés dans les écoles 
Où tant de jeunes souffrent en silence 
Pourtant l'identité sexuelle 
Pour parler de celle-là 
N'est pas un choix 
Et souvent hélas! elle reste une malédiction 
Qu'on a essayé de traiter de plusieurs façons d'ailleurs 
En vain 
Je n'ai pas choisi d'être homosexuel 
Et tout ghetto m'écoeure 
Si rose nanane soit-il 
Ah! pour s'adapter on s'adapte 
Tant bien que mal 
It's a bidonville story! 
Avez-vous idée c'est quoi être gay 
À temps plein? 
Non par choix ni par exotisme 
Je ne peux vivre normalement 
Ou si vous voulez socialement correct! 
Comme par exemple dans un geste aussi anodin mais 
splendide 
Que de se promener en tenant mon chum par la taille 
Dans la rue en plein après-midi 
Puis l'embrasser à pleine bouche 
Sans devenir le pôle d'attraction 
Prêtant flanc aux sarcasmes 
À s'en faire vomir dessus! 
Vous ne me croyez pas? 
Essayez donc de le faire 
Dans le parking d'un Wal*Mart ou d'un IKEA 
Ah! nous si cultivés si ouverts 
Nous pouvons nous rendre 
Jusqu'à la bienfaisante complaisance de la tolérance 
Mais comment accepter vraiment l'autre 
Si vous ne comprenez pas son quotidien 
Moi, je suis toujours en état d'alerte 
Voire de défense 
Sujet au gay bashing 
Je l'ai vécu à maintes reprises 
Dont une fois dans le métro parisien 
Et pas une, une seule personne, pour venir à ma rescousse 
Demandez à ceux et celles qui me ressemblent 
S'ils avaient à choisir 
Laquelle orientation ils prendraient 
Certes la marginalité amène un coup d'oeil inusité 
Elle déplace le focus 
Et donne de nouvelles perspectives 
Au modus vivendi du tissu social 
Elle peut être très intéressante pour la création 
Mais quel prix exorbitant à payer! 
Moi, la poésie m'aura sauvé 
Ainsi j'écris pour mieux vivre 
Dans toute la lucidité de mon corps 
De mon sexe orienté vers son semblable 
Seulement, je suis tanné d'être toujours condamné 
Par des regards lourds comme la Bible 
Par des refus dont l'ignorance 
Est aussi grandiloquente que celle du Vatican 
Qui officiellement me rejette 
Mais officieusement me tolère du bout des lèvres 
Certes c'est mieux que d'être emprisonné torturé décapité 
Comme dans ces pays à la culture millénaire 
Qui ont basculé du côté de l'intransigeance 
Mais ici dans ce pays dit si libre 
Et si tolérant...sur papier! 
Alors imaginons ensemble un scénario 
J'arrête le temps 
Les aiguilles ne bougent plus 
Puis je descends dans la salle 
Et bonne fée je transforme illico tous les straights en gay 
Pour 24 heures seulement 
Pas de panique! 
Mais une fois le sort brisé 
Le 24 heures terminé 
J'en verrais une maudite gang soupirer de soulagement 
(À part quelques-uns enchantés d'être sortis du placard...) 
Ah! mais comme vous en auriez à raconter 
Et je ne parle pas nécessairement 
De vos découvertes sexuelles 
Voilà encore le mot : sexe! 
Homosexualité 
Comme si ce mot-là nous définissait au grand complet 
Du sexe et rien d'autre 
D'où tous ces jeunes qui n'en peuvent plus 
Qui font des dépressions allant jusqu'au suicide 
Ici, dans le plus meilleur pays du monde 
Oui, ici dans cette ville si gay friendly 
Où aux petites heures du matin vous pouvez 
Vous faire tabasser sous les couleurs de l'arc-en- ciel 
La race maudite comme l'écrivait si bien Marcel Proust 
Alors la prochaine fois que vous prononcerez 
Le mot tolérer 
Voyez donc dans quel contexte vous l'utilisez 
Il pourrait s'avérer que ce mot-là soit une arme 
Qui tue l'autre plus efficacement qu'une balle 
Car en le tolérant vous l'ignorez 
Vous n'allez pas vers lui 
Vous passez par-dessus 
Vous l'enjambez 
Le transformant en un itinérant de l'émotion 
Et vous manquez ainsi une formidable richesse 
Le mot tolérer est bon pour la douleur 
Pour faire semblant de l'apprivoiser 
Tolérer est tellement loin du verbe aimer 
Tolérer est parfois l'ombre du mot haïr 
Ainsi on tolère le froid 
Pour ne pas dire qu'on le déteste 
Un détenu tolère sa cellule 
Puisqu'il n'a pas le choix 
On tolère une séparation 
Puisqu'il faut faire avec 
Examinez ce que vous tolérez 
Et vous serez peut-être très surpris 
De découvrir ce qui se cache 
Derrière ce mot-là 
 
Jean-Paul Daoust 
 
Écoutez le texte intégral dans l'audio fil. 

International

Le Brexit, le référendum de tous les dangers

Des partisans en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne
Des partisans en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne     Photo : Alkis Konstantinidis / Reuter

Jeudi 23 juin, les 64 millions de Britanniques se prononceront en votant. Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l'Union européenne, ou bien en sortir? L'enjeu concerne l'avenir du pays, mais aussi celui de l'Union européenne. Fait à noter, dans ce référendum la question de l'immigration a pris le pas sur les préoccupations économiques. 
 
La chronique de Léo Kalinda. 
 
La Norvège et la Suisse 
 
Si la Grande-Bretagne quitte la construction politique européenne, cela signifie-t-il pour autant un déclin pour le royaume? D'autres pays du continent ont fait le choix de rester en dehors de l'Union et se portent bien. C'est notamment le cas de la Norvège et de la Suisse. Y a-t-il des leçons à tirer de ces deux cas? 
 
Éléments de réponse avec le Dr Gilbert Casasus, professeur d'études européennes à l'Université de Fribourg, en Suisse.

EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - L''éditorial de Jean Quatremer sur le Brexit

Société

École Père-Marquette : la fin du voyage!

Des jeunes de l'école secondaire Père-Marquette
Des jeunes de l'école secondaire Père-Marquette     Photo : Radio-Canada/Michel Labrecque

Pendant deux années scolaires, Michel Labrecque a exploré le quotidien d'une école secondaire publique montréalaise. Voici son dernier carnet de voyage à l'École Père-Marquette
 
Rencontre avec des jeunes aux parcours différents 
 
 
 
Consultez le reportage web de Michel Labrecque sur la fin de son voyage à l'École Père-Marquette.

Arts et culture

La palabre de Gisèle Ndong

L'humoriste et conteuse Gisèle Ndong Biyogo
L'humoriste et conteuse Gisèle Ndong Biyogo     Photo : Kaji

Portrait d'une femme de paroles contre les préjugés 
 
Après un détour par la France, la Gabonaise Gisèle Ndong Biyogo est arrivée au Québec, en 1997, avec son « défaut de fabrication » – une expression qui lui vient de son père – en bandoulière. Akli Aït Abdallah nous dresse le portrait d'une femme de paroles, doublée d'une humoriste qui ne s'en laisse pas conter. 
 
Pour consulter le reportage web d'Akli Aït Abdallah sur la conteuse et humoriste Gisèle Ndong.

EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - La page officielle de Gisèle Ndong Biyogo
HYPERLIEN - Gisèle NDong Biyogo au Festival Nuits d''Afrique

Société

La révolution des transports électriques est en marche

La voiture électrique Zoé de Renault

Même si le nombre de véhicules électriques vendus ne cesse de croître au Canada, le mouvement pourrait s'amplifier si Ottawa sautait à son tour dans l'arène aux côtés des provinces déjà engagées. Chantal Guimont est à la tête de l'organisme Mobilité électrique Canada, qui a élaboré une série de recommandations pour le gouvernement fédéral afin d'accélérer la transition.

Société

Quand le Québec ne parvient pas à retenir ses immigrants

Une étude de l'Organisation de coopération et de développement économique met en lumière les difficultés économiques de Montréal, mais aussi les problèmes d'intégration pour les immigrants, même pour ceux qui sont francophones. L'étude indique que, même s'il y a deux fois moins d'immigrants à Montréal qu'à Toronto, où ils représentent 46 % de la population, ils ne trouvent pas d'emploi à leur mesure, voire ne trouvent pas d'emploi du tout, ce qui en incite plusieurs à regarder du côté de l'Ontario.  
 
Danny Braün nous donne un avant-goût du reportage qui sera diffusé le 3 juillet prochain à l'émission. 

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