Étienne Brûlé (1591 - 1633)
Serge Bouchard raconte le destin de ce jeune Français, premier explorateur de la région des Grands Lacs. Ce surdoué de l'apprentissage des langues était devenu, à la fin de sa vie, un authentique Huron-Wendat. Il a permis à Samuel de Champlain de connaître le contexte géopolitique de ce nouveau continent.
Le grand départ
Il est né en 1591 ou 1592, près de Paris. On ignore tout de sa jeunesse. En 1608, à 16 ans, il s'embarque avec Samuel de Champlain pour aller en Nouvelle-France. Le bateau arrive à Québec, destiné à devenir un comptoir de traite, en juillet de la même année.
Un apprentissage déterminant
Au cours du premier hiver, 16 des 24 hommes de Champlain meurent. Étienne Brûlé et Nicolas Marsolet survivent parce qu'ils passent l'hiver en forêt. Ils apprennent la langue des Montagnais, à chasser, à se déplacer dans la neige, etc. La langue montagnaise est une langue algonquienne, ce qui leur donne ainsi accès à toutes les tribus du pays algonquin.
La « conversion »
En 1609, les Hurons, les Algonquins et les Montagnais convainquent Samuel de Champlain de se joindre à eux pour combattre les Iroquois. Il se rend au lac qui portera son nom. En 1610, Étienne Brûlé se porte volontaire pour passer une année avec les Weskarinis, de la grande famille des Hurons. Il revient en parlant couramment l'iroquoïen et s'habille comme un Indien : il est devenu un membre de la nation de l'Ours. En 1611, il part à nouveau vivre au pays des Wendats, une communauté de 40 000 habitants. Il y reste quatre ans.
L'explorateur
Au cours des années suivantes, Étienne Brûlé se rend à la jonction des lacs Érié et Ontario. Il est le premier Européen à explorer l'actuel État de Pennsylvanie. En 1616, il est prisonnier des Sénécas et subit la torture, mais il finit par s'en tirer à la condition de jouer les intermédiaires auprès des Français. En 1621, ses voyages le conduisent au sault Sainte-Marie qui relie les lacs Supérieur et Huron. Il demeure une grande source d'informations géopolitiques de la région des Grands Lacs.
La « trahison »
La réputation d'Étienne Brûlé est ternie quand Samuel de Champlain apprend qu'il travaille pour les marchands de fourrures. Les missionnaires lui reprochent aussi ses moeurs libres. En 1629, quand les Français capitulent devant les frères Kirke, Étienne Brûlé choisit de demeurer en Nouvelle-France. La nouvelle de sa mise à mort par les Hurons a été communiquée à Champlain à son retour à Québec, en 1633. On ignore la raison de cette condamnation. Il demeure l'archétype du métis culturel.
Pendant ce temps...
• En 1608 : La France connaît un hiver exceptionnellement rude. Le Rhône gèle.
• En 1609 : En Virgine, c'est la famine. À Jamestown, 60 des 500 colons y survivent.
• En 1610 : L'explorateur anglais Henry Hudson pénètre dans la baie qui portera son nom.
• En 1614 : Pocahontas, la fille du chef des Powatans, épouse un colon anglais de Virgine, John Rolfe.
• En 1617 : Louis Hébert, Marie Rollet et leurs trois enfants s'installent en Nouvelle-France et deviennent les premiers agriculteurs du Québec.
• En 1626 : Le Belge Pierre Minuit achète l'île de Manhattan aux Indiens Manhattes et fonde la Nouvelle Amsterdam, rebaptisée New York.
Épilogue...
• Après la mort d'Étienne Brûlé, les guerres et les épidémies entraînent la fin de la Huronie. Étienne Brûlé n'a pas laissé de description personnelle, ni de son existence parmi les Indiens ni de ses découvertes. Da vie nous est racontée par bribes dans les écrits de Champlain, Sagard et Brébeuf. Par ailleurs, Étienne Brûlé aurait participé à la rédaction du dictionnaire de langue huronne du frère Sagard.
• Les Relations des jésuites sont des documents dans lesquels les missionnaires relatent leurs expériences de vie en Nouvelle-France et chez les autochtones. Ces Relations ont été publiées entre 1635 et 1672. C'est dans les premiers livres qu'ile est question d'Étienne brûlé. Aujourd'hui il est considéré comme le premier Ontarien et le premier citoyen du Toronto à venir. Une école et un parc en Ontario portent son nom.
Références : bibliographie et hyperliens
• J. Herbert Cranston, Étienne Brûlé, immortal scoundrel, Ryerson Press, Toronto, 1947.
• Jean-François Beaudet, Etienne Brûlé, collection biographie Célébrités, éditions Lidec.