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Arts et culture

Geneviève Pettersen : la langue, premier personnage

Le samedi 16 avril 2016

L'écrivaine Geneviève Pettersen
L'écrivaine Geneviève Pettersen     Photo : Radio-Canada/Amarilys Proulx et Le Quartanier

L'auteure de La déesse des mouches à feu a d'abord « entendu » Catherine, la narratrice du roman, avant de savoir ce qui allait lui arriver. Pour Geneviève Pettersen, il s'agit d'utiliser les expressions propres à une région, ici celles du Saguenay, sans faire folklorique, pour finalement inventer une langue. « Ce n'est pas comme ça qu'on parlait », dit-elle à Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard dans cette première émission sur la langue. 
 
Une expérience immersive 
L'éditeur a proposé à Geneviève Pettersen de créer un lexique, mais elle a refusé. C'est au lecteur à faire sa propre traduction, comme quelqu'un qui est plongé dans un nouveau milieu. Par ailleurs, elle a renoncé à certains mots pour ne pas créer de confusion. Une « soute », c'est un costume au Saguenay, non pas un lieu pour les bagages. À d'autres moments, elle a choisi d'écrire de façon littéraire des expressions populaires, comme « je suis allée » plutôt que « chu t'allée ». L'exercice a été très difficile, admet Geneviève Pettersen. 
 
« Internet, un laboratoire formidable » 
La blogueuse, sous les traits de Madame Chose, est très active sur les réseaux sociaux. Elle aime le métissage qu'elle observe dans ces nouveaux modes de communication. Le côté pernicieux, c'est que certains mots deviennent tellement connotés qu'ils ne peuvent plus être utilisés dans la langue courante ou même en littérature. 
 
La déesse des mouches à feu, Grand Prix littéraire Archambault 2015, est publié aux Éditions Le Quartanier. 
 
Également à l'émission 
Jérémie McEwen, professeur de philosophie, décrit comment le hip-hop est une grande source de création langagière. La culture noire américaine dont ce type de musique est issu s'affirme ainsi, par rapport à la majorité blanche, avec des expressions comprises d'elle seule. Mais dès qu'un mot est adopté, en publicité notamment, il lui faut en trouver un autre. À ce sujet, il recommande la lecture de l'ouvrage de Julie Coleman, The Life of Slang.  
 
Jérémie McEwen fait un parallèle avec le Québec, où les régions ont créé leurs propres expressions pour se distinguer de Montréal. Il suggère Trouve-toi une vie, le livre de Fabien Cloutier tiré de ses chroniques à l'émission Plus on est de fous, plus on lit
 
En circuit fermé avec Serge Bouchard : La province Okanagan. « La réunion des deux termes, Colombie et Britannique, n'est pas une réunion heureuse pour qui aime les mots, la langue et la richesse toponymique. [...] Trente-deux langues autochtones, 32 noms de peuples, le tout se répartissant dans 7 grandes familles linguistiques : quelle diversité phénoménale pour cette seule province. »


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