ICI Radio-Canada Première

C'est fou...

C'est fou...

Le dimanche de 19 h à 20 h

Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard

C
Logo Radio-Canada

Société

L'intimité (1 de 2) : Quand l'intime est politique

Le dimanche 26 février 2017

L'intimité, un espace à soi qu'il faut cultiver
L'intimité, un espace à soi qu'il faut cultiver     Photo : iStock

Dans son roman La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette dévoile un pan de son histoire familiale, osant une écriture plus intime que jamais. D'habitude plus réservée au sujet de sa vie privée, elle a néanmoins fait de l'intimité un outil de son travail de documentariste en recueillant délicatement les confessions et les récits des autres. Dans cette émission paradoxalement enregistrée devant un vaste public au Salon du livre de l'Outaouais, Serge Bouchard et Jean-Philippe Pleau discutent aussi des écritures féminines des années 70 avec Catherine Voyer-Léger. L'impudeur y est émancipatrice et politique!  
 
Protéger sa vie privée, mais cultiver l'intime 
« Jamais je ne raconterai aux médias les détails de ma vie privée ou ne parlerai publiquement de mes enfants », déclare la documentariste et écrivaine Anaïs Barbeau-Lavalette. Pourtant, elle a consacré une grande partie de son oeuvre à l'intime, accumulant dans sa caméra ou dans ses écrits les récits impudiques des autres. « Je le fais en gardant le souci de cultiver une certaine distance et en me posant constamment toutes les questions éthiques qui s'imposent. Le vécu des autres est éclairant et permet de comprendre des enjeux sociaux et de décortiquer l'humain. C'est dans ce sens que je navigue dans l'intime. » 
 
Serge Bouchard et Jean-Philippe Pleau reçoivent Anaïs Barbeau-Lavalette au Salon du livre de l'Outaouais. Serge Bouchard et Jean-Philippe Pleau reçoivent Anaïs Barbeau-Lavalette au Salon du livre de l'Outaouais. Photo : Radio-Canada 
 
Désinhibition et émancipation 
Avortement. Masturbation féminine. Sang menstruel. Fausses couches. Autant de sujets que la littérature féminine des années 70, comme celle d'Annie Ernaux ou d'Hélène Cixous, aborde sans pudeur et dans un certain lyrisme. « C'est une prise de pouvoir », dit notre collaboratrice Catherine Voyer-Léger. « L'impudeur en littérature peut être un vecteur d'émancipation. Il y a dans ces écritures un désir de témoigner de la puissance de l'organique. Ce qui est fascinant, c'est le caractère universel qui se dégage d'histoires très particulières et personnelles. » 
 
« Dans l'intimité, je mange du pâté chinois » 
« Qui perd son intimité a tout perdu. Et celui qui y renonce de plein gré est un monstre », écrivait Milan Kundera. Pour notre animateur Serge Bouchard, l'intimité est un refuge ou un terrier; l'endroit où laisser s'exprimer sa solitude et laisser couler ses larmes. « Dans l'intimité, chacun panse ses plaies; il est permis de gémir. » 
 
Références 
- La femme qui fuit, d'Anaïs Barbeau-Lavalette, Éditions Marchand de feuilles, 2015 
- L'événement, d'Annie Ernaux, Éditions Gallimard, 2000 
- La venue à l'écriture, d'Hélène Cixous, Madeleine Gagnon et Annie Leclerc, Éditions 10-18, 1977 
- L'Euguélionne, de Louky Bersianik, première parution aux éditions La Presse en 1976 
- Les rêveries du promeneur solitaire, de Jean-Jacques Rousseau, première parution en 1776


Cr�er un compte

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes

Chroniques récentes

12 mars 2017

Les murs : les ériger ou les abattre

5 mars 2017

L'intimité (2 de 2) : se parler en silence

19 février 2017

La drogue (2 de 2) : fuir et expérimenter

12 février 2017

La drogue (1 de 2) : écrire sous influence et changer d'état

5 février 2017

L'espoir (2 de 2) : rêver et agir