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Art de vivre

Des réponses aux questions sur les repas en avion

Le mercredi 17 février 2016

Le tour de force de manger un repas dans un avion
Le tour de force de manger un repas dans un avion     Photo : iStock

Les menus spéciaux sont parfois meilleurs, la nourriture n'a pas plus de risques d'être contaminée et l'alcool n'a pas plus d'effet pendant un vol. C'est quelques-uns des mythes que déboulonne Ève Beaudin dans sa chronique « L'épreuve des faits ». Elle répond à certaines des nombreuses questions que l'on se pose concernant les repas servis dans les avions. 
 
Les compagnies aériennes sont-elles tenues d'offrir des menus spéciaux à leurs passagers en classe économique? Oui 
L'Association internationale du transport aérien (IATA) définit les normes des menus spéciaux pouvant être servis pendant un vol. L'organisme reconnaît 21 mets spéciaux, qui répondent à des besoins de diètes restrictives et religieuses : végétarienne, sans gluten, sans gras, hindoue, cachère, halal, etc. Il faut faire son choix au moment de la réservation des billets ou jusqu'à 48 h avant le décollage, mais les lignes aériennes sont libres de proposer ces menus spéciaux ou non.  
 
Peut-on être servi avant les autres passagers lorsqu'on demande menu spécial? Oui 
Il s'agit d'un véritable casse-tête pour les compagnies aériennes, car ce genre de pratique perturbe la routine de préparation des repas. Pour en faciliter la gestion, beaucoup de compagnies aériennes préfèrent ne pas servir d'aliments qui causent des problèmes d'ordre religieux, comme le porc, dans les menus proposés aux passagers.  
 
Les menus spéciaux peuvent-ils être meilleurs? Oui 
Les mets asiatiques, végétariens et les produits de la mer ont bonne réputation, même s'ils sont aussi des repas surgelés ou sous vide de classe économique. La qualité est surtout une affaire de classe : les passagers de la classe affaires et en première classe ont droit à une nourriture fraîche, produite dans la ville d'où l'avion décolle. Il y a parfois même des menus comprenant sept services, élaborés par des chefs étoilés Michelin, comme sur certains vols d'Air France en classe affaires. 
 
Un repas en avion est-il plus susceptible de rendre malades? Non 
Il n'y a pas plus de risques de manger de la nourriture contaminée dans un avion qu'ailleurs. Selon la publication American Journal of Epidemiology, en 1987, il y avait 15 fois plus de risques d'être malade en première classe! Beaucoup d'efforts sont déployés pour éviter l'éclosion de gastroentérite. Selon le Dr Vincent Poirier, consultant spécialisé en médecine aérospatiale, les cas d'éclosion de gastroentérite en vol sont assez rares.  
 
La tablette repas est-elle l'élément le plus sale dans un avion? Oui 
En septembre 2015, le site américain Travelmath.com a établi un classement des éléments les plus sales dans les avions et les aéroports. L'étude s'est basée sur 26 échantillons recueillis dans cinq aéroports et dans quatre avions, et les tablettes sont plus sales que les toilettes, qui sont nettoyées avec plus de rigueur. 
 
L'air de l'avion est-il vraiment aussi sec que celui du Sahara? Oui 
Selon le Dr Vincent Poirier, il n'y a que 4 % d'humidité dans un avion, comme dans le désert du Sahara. Les humains se sentent bien avec un taux humidité allant de 40 à 70 %. Ainsi, il faut boire d'un à deux verres d'eau à l'heure pour éviter de s'y déshydrater.  
 
En altitude, les aliments sont-ils plus fades? Oui 
Le Dr Poirier explique que ce phénomène est dû à l'hypoxie, un manque d'oxygène dans le sang, lié à la diminution de la pression et de l'oxygène en altitude. La fatigue, les maux de tête chez certaines personnes et l'expansion des gaz dans le corps causent l'inflammation des sinus, ce qui influence l'odorat et sa sensibilité. Également, des recherches ont démontré que le niveau élevé de bruit amène à préférer des aliments très saturés en goût, d'où la popularité du jus tomates en avion! 
 
Un verre de vin en vol équivaut-il à deux verres au sol? Non 
La fatigue, la déshydratation, la nourriture plus riche et plus salée, combinées à une digestion ralentie par l'hypoxie nous donnent l'impression que les effets de l'alcool sont plus forts, mais ce n'est pas le cas. Le taux d'alcool dans le sang n'est pas plus élevé


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