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Hugo Lavoie

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Art de vivre

La fête des Rois, un mélange de traditions païennes et chrétiennes

Le mercredi 6 janvier 2016

Galettes des Rois de la Pâtisserie de Gascogne
Galettes des Rois de la Pâtisserie de Gascogne     Photo : Radio-Canada/Michel Harvey

Dans la tradition romaine, on nommait un roi d'un jour lors des Saturnales. Cette fête en l'honneur de Saturne, dieu de l'agriculture et des semences, symbolisait le réveil de la terre après le solstice d'hiver. Chez les chrétiens, explique l'historien Laurent Turcot, la conciliation avec les coutumes païennes du solstice d'hiver prendra le nom d'Épiphanie, une fête où celui qui trouve la fève dissimulée dans la galette des Rois est couronné roi d'un jour. 
 
Selon la liturgie catholique romaine, la fête des Rois, ou l'Épiphanie, est traditionnellement célébrée le 6 janvier, soit 12 jours après la naissance de Jésus. Depuis le concile Vatican II, on fête l'Épiphanie le deuxième dimanche après Noël, ou le premier dimanche de janvier. Toutefois, certains pays célèbrent encore la fête des Rois le 6 janvier.  
 
La fête des Rois prend racine dans l'adoration des Rois mages, qui, après avoir suivi l'étoile de Bethléem, sont venus rendre hommage à l'enfant Jésus en lui offrant de la myrrhe, de l'or et de l'encens. C'est au tournant du 14e siècle qu'est née la tradition du partage d'une galette à l'Épiphanie.  
 
À cette époque, la galette était un gâteau de forme ronde et d'une teinte dorée rappelant le soleil et les festivités des Saturnales. La coutume voulait qu'on la divise en autant de parts que de convives, plus une part, celle du pauvre. Le premier pauvre à se présenter à la porte de la maison recevait alors cette part supplémentaire. Les festivités entourant le partage de la galette des Rois duraient alors sept jours pendant lesquels les excès étaient permis. 
 
Aujourd'hui, la galette des Rois est principalement faite de frangipane. À l'intérieur, on y insère une fève symbolisant le renouveau et la fertilité. Premier légume à pousser à la fonte des neiges, le haricot représente également l'embryon qui grandit. Au 18e siècle, on a remplacé le haricot par une fève en porcelaine représentant l'enfant Jésus. Après le Second Empire en France, les personnages et objets de toutes sortes sont apparus dans la galette des Rois. 
 
Le pâtissier Philippe Labbé et l'historien Laurent Turcot Le pâtissier Philippe Labbé et l'historien Laurent Turcot Photo : Radio-Canada/Michel Harvey  
 
Les ventes de galettes des Rois ont explosé ces dernières années dans les pâtisseries. Il est d'ailleurs plus facile d'en trouver dans ces commerces, qui commencent à en offrir dès le début des Fêtes. Pour parler de cette tradition d'origine religieuse, qui de nos jours est surtout une fête gourmande, Chrystine Brouillet s'entretient avec Philippe Labbé, chef de la Pâtisserie de Gascogne. 
 
« Au départ, les gens étaient très traditionnels et optaient pour le pithiviers classique : rond, fait avec une pâte feuilletée au beurre, fourrée avec de la frangipane, une crème d'amandes. Maintenant, ils se tournent vers de nouvelles essences : je vois surtout des pistaches et du caramel. La forme de la galette commence à changer aussi. C'est surtout vrai en Europe, où l'on voit des étoiles, des triangles. Ici, ça commence un peu. »


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