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Bien dans son assiette

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En semaine de 11 h à 12 h 
(en rediffusion à 19 h) 

Francis Reddy

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Art de vivre

Qui manie le miel s'en lèche les doigts

Le mercredi 2 juillet 2014

Des abeilles
Des abeilles     Photo : iStock

Le miel n'est pas le seul aliment qui est le fruit du travail de l'abeille puisque près de 40 % de ce que nous mettons dans notre assiette est lié au travail de pollinisation des abeilles. Sophie-Andrée Blondin reçoit l'apiculteur Jean-François Doyon, notre producteur de la semaine. 
 
Malgré la diminution de la consommation de sucre, le miel demeure naturel toujours en demande. Les Québécois consomment 1,05 kg de miel par personne annuellement, un peu plus que la moyenne canadienne, qui est de 0,82 kg. 
 
Tout comme les oeufs, le miel est un produit agricole qui n'est pas transformé. De nos jours, pour produire différentes variétés de miel, les ruches sont transportées dans des lieux à la floraison particulière. Il s'agit donc d'une collaboration entre agriculteurs. Ainsi, en début de saison, les ruches sont transportées dans les bleuetières pour polliniser et faire du miel de bleuet, un des plus recherchés en ce moment. Puis viennent la luzerne, et le trèfle en fin de saison de fleurs sauvages. Le miel de sarrasin est aussi prisé pour la pâtisserie. 
 
Malgré des pertes de 30 à 40 % par année, et une concurrence étrangère qui offre au consommateur un miel bon marché, les apiculteurs parviennent à survivre. Ils s'intéressent notamment au développement de sous-produits de niche comme il en existe pour l'érable. 
 
Un pesticide menace la production de miel ici et ailleurs dans le monde. Sophie-Andrée Blondin reçoit l'agronome spécialisé en apiculture Nicolas Tremblay pour qu'il nous explique de quoi il s'agit. 
 
Les abeilles produisent non seulement du miel, mais sont aussi responsables de la pollinisation de plusieurs cultures comme le bleuet, les pommes et les fraises. Avec l'intensification de l'agriculture, les pollinisateurs indigènes dans la nature ne peuvent suffire à la tâche. Les agriculteurs font donc appel aux apiculteurs. D'ailleurs, il est démontré que les légumes et les fruits issus de la pollinisation par les abeilles sont de meilleure qualité.  
 
Les abeilles ont la vie dure. Parmi les multiples raisons qui causent leur mort, un pesticide, de la famille des néonicotinoïdes, est considéré comme responsable de leur disparition lente. Selon le spécialiste, le fait de ne plus arroser les champs, mais les semences, même en petite quantité, touche les abeilles tout le long de la croissance de la plante. Le pesticide de nature systémique s'imprègne dans l'environnement et agit sur le système nerveux des insectes. Les abeilles perdent leur sens de l'orientation, elles quittent la ruche et ne reviennent pas. 
 
Selon le chercheur Jean-Marc Bonmatin, du Centre national de la recherche scientifique en France, un des principaux signataires d'une vaste étude scientifique sur ce pesticide : « Les preuves sont très claires. Nous sommes devant une menace pour la productivité de nos environnements naturel et agricole. Les néonicotinoïdes mettent en danger des pollinisateurs, des espèces qui aménagent les habitats et des insectivores qui sont au coeur d'écosystèmes sains. »




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