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Santé

L'obusite, l'ancêtre du choc post-traumatique des soldats

Le mercredi 15 février 2017

Vers 1916, un soldat allemand tient son arme dans une tranchée à Fort de Vaux, en France, à côté du corps d'un soldat français.
Vers 1916, un soldat allemand tient son arme dans une tranchée à Fort de Vaux, en France, à côté du corps d'un soldat français.     Photo : Getty images/Hulton Archive

Pendant la Première Guerre mondiale, des soldats traumatisés par la grande violence des combats ont souffert de paralysies, de troubles de langage, d'insomnie ou d'hallucinations. D'autres ont cessé du jour au lendemain de répondre à la discipline. Le professeur d'histoire Carl Bouchard parle de l'intérêt des scientifiques de l'époque pour la névrose de guerre, alors appelé « obusite ». 
 
Si les scientifiques savaient avant le 20e siècle que la guerre pouvait rendre fou, ce n'est qu'avec la Première Guerre mondiale qu'ils commencent à prendre conscience des traumatismes qui peuvent affecter les militaires. Ils répertorient alors les nombreux cas d'hommes dont le corps refuse de combattre, après avoir frôlé la mort ou vu disparaître leurs amis sous les obus. 
 
Les soldats atteints de névrose de guerre se mettent à avoir des comportements irrationnels, de façon temporaire ou permanente. Dans un premier temps, les armées nient ces traumatismes et s'inquiètent d'une croissance des refus d'obéissance. Puis, elles essaient de comprendre comment se développent ces troubles. 
 
Traiter les soldats pour les renvoyer sur le front 
Le médecin britannique Lord Moran est l'un des pionniers de l'étude de la névrose de guerre. Selon sa théorie, l'exposition des soldats aux conflits meurtriers les amène à perdre peu à peu leur réserve de bravoure et de virilité. Une solution envisagée est d'éloigner du front les hommes atteints de névrose et de leur redonner graduellement le goût de participer à l'effort de guerre. 
 
Au cours de la Première Guerre mondiale, des Américains, dont le médecin Thomas W. Salmon, s'intéressent aux traitements pouvant mettre fin à la névrose de guerre. Dans une perspective de rééducation des soldats, on les soumet à l'hypnose, à l'électrothérapie et à des méthodes qui se rapprochent parfois de la torture. Mais comme les traitements sont inefficaces, les armées soupçonnent des soldats de faire semblant d'être malades. Des hommes victimes de névrose de guerre sont ainsi fusillés pour désobéissance militaire par les autorités.


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