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L'affaire Dreyfus : un officier juif accusé à tort de trahison

Le jeudi 19 janvier 2017

La dégradation d'Alfred Dreyfus illustrée dans l'édition du 13 janvier 1895 du Petit Journal
La dégradation d'Alfred Dreyfus illustrée dans l'édition du 13 janvier 1895 du Petit Journal     Photo : IStock

En 1895, l'officier juif français Alfred Dreyfus est dégradé, puis envoyé au bagne en Guyane, car il est soupçonné d'avoir livré des documents aux Allemands. Trois ans plus tard, le vrai coupable, Esterhazy, est acquitté par l'armée. Après que l'écrivain Émile Zola eut dénoncé cette injustice, l'affaire Dreyfus a profondément divisé la France, comme l'explique le professeur d'histoire Carl Bouchard. 
 
L'affaire Dreyfuss commence par un bout de papier découvert à l'ambassade d'Allemagne à Paris par une agente des services secrets français. Ce bordereau laisse entendre qu'un officier français transmet à l'Allemagne des informations militaires. À la recherche d'un traître, les autorités trouvent en Alfred Dreyfus, le seul officier juif de l'armée française, un coupable tout désigné. 
 
L'armée dégrade Dreyfus dans la cour de l'école militaire. On lui casse son sabre, lui arrache ses galons et les boutons de son uniforme, avant de l'emprisonner à Cayenne, en Guyane. Il y demeure cinq ans. 
 
Cacher la vérité 
Le responsable des services de renseignements, le colonel Marie-Georges Picquart, découvre qu'un certain Esterhazy transmet les informations militaires à l'Allemagne. Après qu'il l'eut appris au ministre de la Guerre, le colonel est muté en Tunisie. L'État décide de taire l'affaire. On ne veut pas montrer que l'armée s'est trompée en condamnant Dreyfus. 
 
Zola à la défense de Dreyfus 
Esterhazy est tout de même jugé au début de janvier 1898, mais la justice l'acquitte. Le 13 janvier, Émile Zola publie, dans le journal L'Aurore, une lettre intitulée J'accuse...! au président de la République. Il y condamne tous les militaires et tous les officiers qui ont camouflé des pièces, qui ont fait de Dreyfus un coupable sans preuve tangible. Dans un procès où il est poursuivi pour ses accusations, Zola révèle les iniquités dont a été victime Alfred Dreyfus. 
 
Coupable parce qu'il est Juif? 
L'affaire Dreyfus sème les passions et oppose deux camps en France. Minoritaires, les dreyfusards prennent la défense de l'officier juif au nom de la vérité, de la probité et de la justice. Leur prise de position met parfois en péril leur carrière. La majorité de la population et des journaux français sont anti-dreyfusards. Pour eux, l'État ou l'armée ne peuvent pas être dans l'erreur. 
 
Alfred Dreyfus subit un deuxième procès en 1899, à Rennes. Le Conseil de guerre le reconnaît à nouveau coupable de trahison, mais avec circonstances atténuantes. Pourtant, toutes les preuves démontrent maintenant son innocence. Quelques jours plus tard, le président de la République considère que la situation est devenue trop absurde et décide de gracier Alfred Dreyfus. Le 20 juillet 1906, ce dernier obtient une réhabilitation complète lorsqu'il est fait chevalier de la Légion d'honneur.


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