ICI Radio-Canada Première

Aujourd'hui l'histoire

Aujourd'hui l'histoire

En semaine de 20 h à 20 h 30

Jacques Beauchamp

Aujourd
Logo Radio-Canada

Science et technologie

L'aventure du Concorde, cet avion mythique au destin tragique

Le lundi 9 janvier 2017

Photo datée de décembre 1975 du Concorde, l'avion supersonique franco-britannique.
Photo datée de décembre 1975 du Concorde, l'avion supersonique franco-britannique.     Photo : Getty Images/AFP

Symbole des prouesses techniques de l'aviation française et britannique, le Concorde a volé pendant 27 ans, suscitant l'émerveillement et la fierté. Les riches et célèbres du monde, attirés par son prestige, se sont succédé à bord. Comme le raconte l'historien Éric Dussault, un accident tragique en 2000 et ses coûts de production faramineux ont entraîné sa disparition. 
 
L'occasion de franchir le mur du son en vol pour relier Paris et New York en trois heures et demie n'est pas donnée à tout le monde. Voilà le prestige dont il est question quand on monte à bord du Concorde. Le coût rattaché à ce privilège est prohibitif pour de nombreux passagers : 11 000 $ l'aller-retour.  
 
Une course à la vitesse 
Durant les années 50, l'idée de déplacer les gens de la façon la plus rapide possible prend beaucoup d'ampleur. Dans cette course à la vitesse, la France et la Grande-Bretagne s'allient pour construire un avion inédit. Cette union inhabituelle permet aux deux États d'éponger le coût de production d'un avion supersonique. 
 
Le 2 mars 1969, deux Concorde prennent leur premier envol : l'un décolle de France et l'autre, de la Grande-Bretagne. L'événement est retransmis à la télévision. Un auditoire monstre assiste à cette première au petit écran.  
 
Ce n'est que le 21 janvier 1976 qu'ils voleront avec des passagers à bord. 
 
L'ingénierie pour redorer le blason national
 
La création de cet avion surpuissant est un rêve d'ingénieur, souligne Éric Dussault. Le Concorde constituera une véritable inspiration pour de nombreux autres constructeurs d'avions, et certaines prouesses technologiques seront aussi utilisées en course automobile. 
 
Des moteurs turbo Rolls-Royce propulsent l'aéronef. Ses ailes delta sont intégrées au fuselage, selon un modèle inspiré de l'aviation militaire. Et que dire de ce nez pointu qui s'abaisse, signe distinctif du Concorde, qui permet d'atteindre des vitesses folles.  
 
Le Concorde brûle 96 tonnes de kérosène pour faire un simple aller Paris-New York. Au décollage, l'engin déploie 70 tonnes de poussée. Les passagers sont littéralement collés à leur siège. 
 
Il est interdit de vol aux États-Unis jusqu'en 1977. Il pollue, il est bruyant et le bang qu'il émet lorsqu'il franchit le mur du son peut nuire à la santé des mères enceintes, croient les autorités américaines. 
 
La dimension émotive d'un avion et sa fin 
« Le Concorde, ça n'a rien à voir avec la tête, tout avec le cœur, raconte Éric Dussault. Pendant 27 ans, beaucoup de gens ont couru le voir voler. » 
 
Dès le début de sa conception, on caresse de grandes ambitions pour ce modèle. D'autres pays souhaitent l'adopter. Mais le choc pétrolier de 1973 freine les ardeurs, et seules Air France et British Airways feront voler l'avion. De nombreux dirigeants politiques l'emprunteront. Des tours du monde seront aussi offerts.  
 
Quand le vol 4590 d'Air France s'écrase à l'aéroport Charles-de-Gaulle le 25 juillet 2000, un dur coup frappe l'aura de prestige du Concorde. 113 personnes meurent dans cet accident survenu en bout de piste. 
 
Le 21 mai 2003, le dernier vol commercial sera enregistré pour cet avion hors-norme. 
 


Créer un compte

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes

Chroniques récentes

20 février 2017

Gagarine et Spoutnik : les débuts éclatants du programme spatial russe

20 décembre 2016

Marie Curie, une scientifique brillante dans un monde d'hommes

22 avril 2016

Le test de quotient intellectuel, un outil controversé

7 octobre 2015

Microsoft à la conquête du monde