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Arts et culture

La photographie au Québec : de Notman à Snapchat, l'image fascine toujours

Le lundi 12 décembre 2016

Conrad Poirier en 1939. Il a été un des premiers photographes de la vie quotidienne au Québec.
Conrad Poirier en 1939. Il a été un des premiers photographes de la vie quotidienne au Québec.     Photo : Conrad Poirier/BAnQ

Quelque temps après l'invention de la photo en 1839 en France, le Canada est entré dans la chasse à l'image fixe. La frénésie pour cette nouvelle forme artistique a vite gagné le Québec. Des artistes comme les Livernois, Notman et Joly de Lotbinière ont fait fleurir cet art, rappelle Jean-François Nadeau, historien et amateur de photographie. 
 
Pierre-Gustave Joly de Lotbinière (né en Suisse, mais arrivé au Québec en 1827) a été le premier photographe au monde à prendre les grands monuments en photo. On lui doit les premières photos de l'Acropole d'Athènes, notamment. 
 
Malheureusement, Joly de Lotbinière n'a pas conservé les plaques de verre sur lesquelles il avait fixé ses images. Mais il a lancé un mouvement. 
 
Un dur métier 
En 1842, un premier studio de photo s'ouvre au Québec, confirmant l'enthousiasme et la fascination pour cette nouvelle discipline. Des photographes proposant leurs services s'installent à Montréal. On y vient de partout en Amérique du Nord. L'équipement est lourd. Les artistes doivent travailler avec des produits très toxiques. On connaît aussi très mal le processus photographique. 
 
Un nom se démarque à cette époque. William Notman, un immigrant écossais, s'intéresse à cette technique. C'est un homme d'affaires doté de beaucoup d'entregent. Il connaît du succès grâce à ses photos du pont Victoria, considéré à ce moment comme une merveille d'ingénierie. On lui confie des commandes prestigieuses. Il ouvre de nombreux studios partout sur le continent. 
 
Poser sans sourire 
La photographie fascine aussi le citoyen ordinaire. Des photographes ambulants parcourent les villages pour capter le portrait des familles et des notables. On utilise alors le procédé au collodion. Les prises de photo sont longues. Les gens qui y figurent ne sourient jamais. 
 
« Les gens avaient une mauvaise hygiène buccale, note Jean-François Nadeau. C'était aussi mal vu aussi de sourire à l'époque, on ne voulait pas avoir l'air d'un sot. On disait même des femmes qui souriaient qu'elles étaient de mœurs légères. »  
 
Une phase de démocratisation 
Le 20e siècle va lancer la photographie vers sa démocratisation. À l'instar des appareils Leica, l'équipement photo est plus compact, plus léger et plus performant techniquement, et permet plus de mobilité aux croqueurs d'images. 
 
Conrad Poirier, grand photographe de rue, émerge au tournant de la Deuxième Guerre mondiale. Ses clichés de la vie urbaine sont publiés dans les quotidiens de l'époque. 
 
Pour sa part, Gaby (Gabriel Desmarais), un grand portraitiste, est le photographe des célébrités, des personnalités politiques et des artistes de renommée mondiale. Antoine Désilets contribue, lui, à développer un langage universel de la photographie grâce à ses nombreux photoreportages. 
 
Frénésie de l'image 
Aujourd'hui, prendre une photo n'est plus un acte qui nécessite une longue et fastidieuse préparation. L'appareil qui sert à figer des bribes de notre environnement tient dans une poche de pantalon. En un clic, 10 images sont emmagasinées.  
 
Plus de 9000 photos sont téléchargées chaque seconde sur l'application Snapchat, et 350 millions d'images sont déposées quotidiennement sur Facebook. Ces photos semblent disparaître de notre mémoire à mesure qu'elles sont publiées. 
 
Il demeure que notre curiosité pour la photo ne diminue pas. De nouveaux musées lui sont dédiés, de plus en plus d'ouvrages lui sont consacrés.  
 
« La photographie est devenue un rite social. On ne peut pas envisager notre existence au quotidien sans la représenter, sans se donner à voir », souligne Jean-François Nadeau, qui demeure optimiste pour l'avenir du 8e art. 
 

J.A. Martin photographe, Jean Beaudin, Office national du film du Canada

 
 

Notman's World, Albert Kish, Office national du film du Canada


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