ICI Radio-Canada Première

Aujourd'hui l'histoire

Aujourd'hui l'histoire

En semaine de 20 h à 20 h 30

Jacques Beauchamp

Aujourd
Logo Radio-Canada

Politique

Iran : la révolution islamique qui propulse l'ayatollah Khomeini au pouvoir

Le lundi 17 octobre 2016

L'ayatollah Rouhollah Khomeini foule le sol iranien, à son retour d'exil, le 1er février 1979, en pleine révolution islamique.
L'ayatollah Rouhollah Khomeini foule le sol iranien, à son retour d'exil, le 1er février 1979, en pleine révolution islamique.     Photo : Getty Images/AFP/Gabriel Duval

Le 1er février 1979, l'ayatollah Khomeini est revenu en Iran, son pays natal, sous l'acclamation de millions de compatriotes. Cette arrivée triomphale est survenue deux semaines après le départ précipité du shah d'Iran, le dictateur au pouvoir qui l'avait lui-même chassé du pays en 1961. André Champagne explique à Jacques Beauchamp que ce point culminant de la révolution islamique est la conséquence de la grogne populaire généralisée et de l'action décisive des membres du clergé, qui ont noyauté toutes les sphères de la société iranienne. 
 
L'arrivée au pouvoir de Rouhollah Khomeini est synonyme d'espoir. L'homme, jusque-là exilé en France, incarne le renouveau. Il a l'appui des mollahs du pays, mais surtout des nombreux déshérités au sein de la population. 
 
Un régime dictatorial à bout de force 
Les Iraniens en avaient soupé des extravagances et des violences du régime du shah. De plus en plus isolé, complètement déconnecté de la société, le shah, de son vrai nom Mohammad Reza Pahlavi, voulait occidentaliser l'Iran, rappelle André Champagne.  
 
Sa réforme agraire et ses plans d'améliorer la condition de la femme, notamment, ont déplu à une bonne frange de la société, plus conservatrice. Sa façon de faire appel à de nombreux conseillers américains a aussi froissé la classe dirigeante de son pays. 
 
« Il disait avoir un lien privilégié avec le peuple iranien, mais en réalité, il était complètement isolé dans son château », ajoute l'historien. 
 
La grogne se répand 
Le clergé chiite, la confession de la grande majorité de la population, considère à l'époque que tout ce qui vient de l'Occident est néfaste. À ses yeux, le shah incarne cette perversion.  
 
La classe religieuse profite ainsi du mécontentement des commerçants des bazars (approximativement 300 000 personnes) qui contrôlent 80 % de l'économie, et qui remettent 25 % de leurs revenus au clergé chiite. Les commerçants n'acceptent pas que les grands contrats d'infrastructure soient attribués par le shah à des firmes étrangères.  
 
Puis, il y a les étudiants. En 1978, un article mensonger sur l'ayatollah Khomeini, réfugié en France, entraîne des manifestations sanglantes. Des étudiants sont tués par dizaines.  
 
L'indignation va faire boule de neige partout au pays. Le mouvement de protestation s'amplifiera, et les étudiants seront vite joints par les travailleurs de tous les milieux. 
 
Mal équipée, mal formée, l'armée va assister impuissante à cette révolution. 
 
Dix années d'un règne sombre 
Le départ en catimini du shah va ouvrir la porte toute grande à un changement de paradigme. 
 
Au lendemain du 1er février 1979, Khomeini invite la population à détruire les vestiges de l'Occident pour construire le pays de Mahomet. Il va instaurer une théocratie, basée sur la charia.  
 
Au terme d'un référendum favorable à son endroit, Khomeini devient le chef politique et spirituel du pays. La République islamique d'Iran est née. Rouhollah Khomeini s'éteint le 3 juin 1989, son pouvoir affaibli par une guerre dévastatrice avec l'Irak.


Cr�er un compte

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes

Chroniques récentes

13 février 2017

La Conquête vue de Londres et de Paris

6 février 2017

Henry Kissinger, l'architecte de la politique américaine à la « finesse d'un tank »

24 janvier 2017

L'accord de Charlottetown rejeté par référendum

16 janvier 2017

La relation très tendue entre John F. Kennedy et John Diefenbaker

19 décembre 2016

Nelson Mandela, l'apôtre de la désobéissance civile qui a jugulé l'apartheid

15 décembre 2016

En 1989, la chute rapide et brutale du régime de Ceausescu