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Société

Viande avariée et autres scandales : quand la CECO malmène la mafia

Photos d'archives de deux membres influents de la mafia montréalaise, Paolo Violi (à g.) et Vic Cotroni
Photos d'archives de deux membres influents de la mafia montréalaise, Paolo Violi (à g.) et Vic Cotroni     Photo : PC/Doug Ball/Frank Mackey

La Commission d'enquête sur le crime organisé (CECO) a ébranlé les colonnes du temple au début des années 70 au Québec, quand certaines manœuvres de la pègre montréalaise ont été révélées au grand jour. Jean-Pierre Charbonneau, qui couvrait la commission à titre de journaliste, se souvient que la découverte du scandale de la viande avariée, notamment, a choqué l'opinion publique.  
 
La CECO a été mise sur pied en 1972 par le gouvernement libéral de Robert Bourassa. Les premières audiences ont eu lieu en février 1973. 
 
Plusieurs grands noms de la mafia montréalaise ont défilé devant la Commission. Vic Cotroni, Paolo Violi et des membres du clan Dubois se sont présentés devant le juge Jean Dutil. 
 
La CECO a été ponctuée de règlements de comptes et d'assassinats. Jean-Pierre Charbonneau a été visé par une tentative d'assassinat en 1973, dans les bureaux du journal Le Devoir.  
 
« Quelques mois avant la tentative d'assassinat, je faisais des liens dans mes textes, j'expliquais aux lecteurs qui étaient les personnages qui comparaissaient devant la CECO. » 
 
Tony Mucci a été condamné à huit ans de prison pour ce crime. 
 
Des révélations-chocs au petit écran 
Avant que la commission ne soit mise sur pied, des milliers d'heures d'écoute électronique avaient été menées à Montréal, notamment dans les cafés fréquentés par les membres de la mafia.  
 
« On a appris que le chef de police de Montréal, Jean-Jacques Saulnier, était en bonne relation avec le monde interlope. Les décisions qu'il prenait favorisaient le clan Cotroni. J'ai obtenu des informations qui laissaient entendre qu'il était corrompu », note Charbonneau. 
 
Une autre enquête a révélé que le ministre Pierre Laporte a eu des contacts privilégiés avec des membres de la pègre montréalaise. 
 
Les travaux de la Commission ont été diffusés en direct à la télévision. La population québécoise a suivi passionnément ces révélations, notamment celle sur le scandale de la viande avariée. 
 
Dans cette histoire dégoûtante, le cartel mafieux alimentait en viande tous les commerces de restauration d'Expo 67. Des récupérateurs d'animaux morts ou malades fournissaient la viande pour la consommation humaine. 
 
« On les appelait les charognards, rappelle Jean-Pierre Charbonneau. Ils approvisionnaient les entreprises de la mafia. Ils savaient que la viande était impropre à la consommation. Ils n'avaient aucun scrupule. » 
 
Un parrain mal en point 
Vic Cotroni, parrain de la mafia, a aussi comparu devant la Commission, mais il a refusé de parler devant la CECO, prétextant un malaise. 
 
En faisant défiler des noms importants de la mafia publiquement, la CECO a permis à la population de voir l'ampleur du réseau mafieux, dans la province et au pays.  
 
Jean-Pierre Charbonneau souligne que ce grand cirque a bouleversé le fonctionnement de l'organisation mafieuse en en révélant les tensions internes. Ultimement, on a vu un changement complet de l'écosystème de la pègre.

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