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Jacques Beauchamp

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Sports

Quand Bobby Fischer mit fin à la domination soviétique aux échecs en 1972

Bobby Fischer en 1971
Bobby Fischer en 1971     Photo : Getty images/David Attie

Légende des échecs, l'Américain Bobby Fischer a joué ses meilleurs coups en 1972 contre Boris Spassky, mettant fin à des décennies de victoires du bloc soviétique. L'événement, qu'on a appelé le « match du siècle », a montré la personnalité excentrique et capricieuse du « loup de Brooklyn ». « Son génie inégalé a aussi été confirmé, dit le spécialiste des jeux de société Francis Lalumière, notamment lors de la sixième partie, qui est encore à ce jour considérée comme un chef-d'oeuvre absolu. » 
 
Nous sommes en Islande, à Reykjavik, en pleine guerre froide. Ce championnat d'échecs dans lequel s'affrontent les États-Unis et l'ex-URSS est ainsi façonné par un arrière-plan politique chargé. Le monde entier ouvre l'oeil devant ce qui s'annonce comme un événement hors-norme, retransmis avec enthousiasme au petit écran. 
 
Bobby Fischer, un joueur brillant et extravagant 
Son adversaire Boris Spassky est redoutable, mais Bobby Fischer est un prodige qui s'est initié très jeune aux échecs, devenant champion américain à 14 ans. Joueur très agressif, il vise toujours le contrôle du centre du plateau, met en place des contre-attaques spectaculaires et, cultivant un comportement imprévisible, exécute parfois des variations rares ou passées de mode. 
 
Son comportement erratique et capricieux fera les manchettes en début de championnat. Les médias le connaissent déjà pour ses propos controversés contre les Juifs ou contre la Fédération américaine des échecs. Ils découvriront, dès son arrivée en Islande, à quel point ce joueur est exigeant et excentrique : il voudra être payé démesurément trop cher, demandera le retrait des caméras de télévision pendant les matchs, critiquera l'éclairage de scène et arrivera souvent en retard, perdant même son deuxième match par forfait en omettant carrément de s'y présenter. 
 
L'inoubliable sixième partie 
Ses qualités de joueur, heureusement, font oublier sa personnalité primesautière. « La sixième partie, rappelle Francis Lalumière, est vue par les spécialistes comme un chef-d'oeuvre inégalé. Ils en parlent souvent en se laissant gagner par l'émotion, les yeux humides, la comparent à une symphonie de Mozart. Il est vrai que ses attaques étaient si magnifiques, si bellement construites, qu'on ne pouvait que se pâmer. C'était si époustouflant que Spassky a rendu hommage à son concurrent à la fin de la partie, se joignant discrètement aux applaudissements des 2000 spectateurs. » 
 
À la vingt et unième partie, la victoire de Bobby Fischer est définitive. Il devient le nouveau champion du monde et entre dans la légende.

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