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Jacques Beauchamp

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Société

Néron n'était pas l'empereur sanguinaire que l'on croit

Une statue de la tête de l'empereur Néron dans les ruines de son palais doré, la Domus Aurea
Une statue de la tête de l'empereur Néron dans les ruines de son palais doré, la Domus Aurea     Photo : iStock

Les historiens anciens le décrivaient comme le plus grand monstre que la terre ait porté, puis les historiens chrétiens en ont fait l'Antéchrist. Mais nous savons aujourd'hui que l'empereur Néron n'est pas responsable de tous les crimes qu'on lui a attribués, tel que l'incendie de Rome en 64. « Il était plus peureux et paranoïaque que véritablement sadique », explique l'historien Pierre-Luc Brisson. 
 
En lisant Tacite et Suétone, ainsi que les nombreux historiens chrétiens les ayant suivis, on s'imagine Néron en effroyable tyran. Selon ces textes, il aurait fait assassiner sa mère, Agrippine, et emprisonner son frère adoptif, Britannicus, avant de mettre le feu à Rome pour construire un immense palais en son honneur sur les ruines de la ville incendiée. Or, des nuances et une remise en contexte de ces événements s'imposent. 
 
Un style autoritaire qui ne colle pas à son époque 
« Pour le résumer en quelques mots, Néron n'est pas né à la bonne époque, explique Pierre-Luc Brisson. Il a pratiqué un style de gouvernement autocratique monarchique qui ne cadrait pas avec le style de gouvernement en vogue dans le monde dans lequel il est né. Deux siècles plus tard, son style aurait été tout à fait naturellement admis. » 
 
Il convient également aujourd'hui de nuancer les discours de Suétone et de Tacite, des historiens qui ont écrit sous le règne d'empereurs subséquents et qui noircissaient le portrait de Néron pour mieux exalter les figures des princes de leur époque. Les historiens chrétiens ont fait de même. L'Occident a projeté sur lui, depuis la Renaissance, ses fantasmes de personnages monstrueux et en a fait la figure du mal absolu. 
 
Or, Néron a en partie agi comme il l'a fait à cause d'une forme de fatalité familiale, faisant assassiner sa mère pour enrayer la quête de pouvoir démesurée de celle-ci. Agrippine était une femme ambitieuse et, en bonne stratège, elle s'était assurée de faire mettre son fils au pouvoir dans le but de tirer elle-même toutes les ficelles.  
 
L'événement ne lui aura toutefois pas servi à redorer son blason. Une fois libéré de l'influence de sa mère, il laissera libre cours à ses penchants autoritaires et agira souvent impulsivement, craignant des complots contre lui. Il était un grand paranoïaque. 
 
Un incendie inévitable, avec ou sans Néron 
Il est admis que Néron a provoqué le grand incendie de Rome en 64 pour ensuite construire un palais doré, la Domus Aurea, sur les ruines de la ville. La vérité est que la Rome de l'époque, une ville de plusieurs millions d'habitants vivant dans des conditions précaires, sans doute dans des constructions très rudimentaires, était fort propice aux incendies. 
 
On sait d'ailleurs qu'en plus de faire construire sa maison dorée, Néron a entrepris de grands travaux pour améliorer l'accès aux sources d'eau. C'est l'un des aspects positifs de son legs, comme d'ailleurs son intérêt pour les arts et la culture, qu'il a férocement encouragés.

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