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Société

Été 1932, quand Freud et Einstein discutaient guerre et paix

Albert Einstein en 1942 et Sigmund Freud en 1922
Albert Einstein en 1942 et Sigmund Freud en 1922     Photo : Getty images/Fred Stein/Sigmund Freud Museum/Max Halberstad

L'un est physicien, l'autre psychanalyste, et rien ne prédispose Einstein et Freud à se fréquenter. Toutefois, en 1932, incapable de s'expliquer rationnellement le comportement guerrier de ses semblables, le pacifiste Albert Einstein sollicite Sigmund Freud et s'engage avec lui dans une correspondance au sujet de la paix et de la guerre. « Ces lettres exposent le fossé intellectuel séparant ces deux monstres sacrés », explique l'historien Carl Bouchard. 
 
Alors déjà nobélisé et entreprenant une période plus militante de sa carrière, Einstein s'étonne de la guerre et cherche les modalités idéales pour construire un monde de paix. Freud, plus fataliste que son correspondant, tentera plutôt de lui expliquer l'origine et les causes de l'inévitable violence humaine. Cet échange entre deux géants du 20e siècle, à la fois philosophique, moral et psychologique, n'aura pas créé de territoire d'entente, mais demeure mythique, parce qu'il a cristallisé les « hantises d'une époque ». 
 
Lire la correspondance intégrale sur le site des Classiques des sciences sociales de l'UQAC 
 
Une guerre qui dépasse l'entendement 
Einstein, en tant que scientifique, se sent déboussolé par la guerre, qu'il n'arrive pas à comprendre rationnellement. Pacifiste et de nature optimiste, il se dit affranchi des « préjugés nationaux » et s'explique mal qu'on n'arrive pas à instaurer la paix au moyen d'une institution internationale de régulation des conflits.  
 
Sa lettre formule tout de même deux hypothèses. L'homme a trop soif de pouvoir, pense-t-il, et la guerre profite financièrement à un certain nombre de gens. Mais pourquoi le peuple, qui est largement perdant, ne se mobilise-t-il pas davantage? C'est l'une des grandes questions qu'il pose à Freud dans la longue lettre qui passera à l'histoire. 
 
La violence du monde est là pour rester 
Même si l'exercice épistolaire n'enchante guère au départ le célèbre psychanalyste, il s'y soumet, parce qu'il y voit une occasion de tester ses nouvelles recherches. À ce moment précis de sa carrière, Freud tente en effet d'appliquer sa théorie psychanalytique à de grands événements politiques et sociaux, donnant à sa méthode jadis centrée sur l'individu une nouvelle portée sociologique. 
 
Il répond longuement et emmène carrément Einstein dans son champ d'expertise, le plongeant au coeur de la violence qui constitue chaque humain. Il dira aussi que la guerre est parfois utile comme outil de médiation des conflits et plaidera, à l'image de Max Weber, en faveur d'une « violence légitime », celle qu'on utilise pour se révolter contre un tyran, par exemple.  
 
« Einstein a dû frémir en lisant ça! » conclut Carl Bouchard.

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