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Sports

Affaire Lindros : le refus à tout prix de jouer pour les Nordiques

Des partisans des Nordiques narguent Eric Lindros lors de la coupe du Canada, à Québec, en septembre 1991.
Des partisans des Nordiques narguent Eric Lindros lors de la coupe du Canada, à Québec, en septembre 1991.     Photo : Presse canadienne

« Ce qu'on a pris comme un conflit émotif et politique incarné dans la symbolique des deux solitudes n'était peut-être en fait qu'un conflit de personnalités entre Eric Lindros et Marcel Aubut. » L'historien Laurent Turcot revient sur la saga entourant le désaveu du jeune hockeyeur envers les Nordiques au début des années 1990. 
 
Ce qui avec le temps est devenu l'affaire Lindros a commencé le 22 juin 1991 quand l'entraîneur-chef des Nordiques, Pierre Pagé, a annoncé la sélection d'Eric Lindros au repêchage. Pourtant, il savait que le gaillard de 6 pi 4 po et de 230 lb ne souhaitait aucunement jouer à Québec. Sauf que l'organisation des Nordiques pensait parvenir à convaincre cette étoile montante du hockey, alors âgée de 18 ans. 
 
Une rencontre déterminante 
La tension était palpable dès l'annonce du repêchage. C'est une des rares fois où un joueur qui était sélectionné au premier rang ne mettait pas le chandail de l'équipe qui le sélectionnait. Eric Lindros avait simplement tenu le chandail de l'équipe. 
 
Quelque temps après, le président des Nordiques s'est rendu aux États-Unis pour rencontrer son nouveau joueur, qui était accompagné de ses parents. Encore aujourd'hui, on ne sait pas ce qui a été dit exactement, mais Marcel Aubut aurait fait un commentaire inapproprié en français au sujet de Bonnie, la mère de Lindros. Cette dernière avait une connaissance suffisante de la langue pour comprendre l'insulte. C'en était fait. 
 
Des refus à répétition 
En août 1991, le clan Lindros a fait une première demande : trois millions de dollars par année, un montant exorbitant pour l'époque. Une autre gifle au visage des résidents de la capitale provinciale est survenue quand le hockeyeur a affirmé qu'il accepterait probablement une offre montréalaise, déplorant la petitesse de Québec et son unilinguisme français. 
 
Voyant qu'il ne parviendrait pas à faire signer son joueur repêché, malgré une offre en octobre 1991 de 50 millions sur 10 ans, Marcel Aubut négocie avec six équipes en même temps pour rentabiliser au maximum l'échange de Lindros. La saga s'est terminée en juin 1992, quand le hockeyeur a été échangé aux Flyers de Philadelphie contre cinq joueurs, un choix de première ronde au prochain repêchage et 15 millions de dollars. 
 
Selon Laurent Turcot , l'équipe québécoise a grandement bénéficié de cette transaction. « Juste avec Peter Forsberg, un des plus grands joueurs en devenir, les Nordiques ont gagné, de loin!  » Quant à Eric Lindros, il aura une très belle carrière, mais ne gagnera jamais la coupe Stanley.

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