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Société

La nuit des longs couteaux : un accord signé sans le Québec

Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, le ministre des Finances Allan MacEachen et le premier ministre du Québec René Lévesque lors de la conférence de novembre 1981
Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, le ministre des Finances Allan MacEachen et le premier ministre du Québec René Lévesque lors de la conférence de novembre 1981     Photo : PC/Ron Poling

Dans la nuit du 4 au 5 novembre 1981, un accord constitutionnel a eu lieu entre Ottawa et les provinces sans l'approbation du Québec. Cette entente est survenue lors de la conférence dite de la dernière chance, après un an et demi de tiraillements politiques. Elle a permis à Pierre Elliott Trudeau de rapatrier de Londres la Constitution canadienne en 1982 et de promulguer la Charte canadienne des droits et liberté. L'historien Frédéric Bastien raconte à Jacques Beauchamp pourquoi le Québec s'est alors trouvé isolé. 
 
Un événement inscrit dans la mémoire collective 
« Je pense que c'est un des moments tragiques de l'histoire québécoise. Un moment où les aspirations du Québec ont été balayées du revers de la main par le reste du Canada. » L'historien Frédéric Bastien affirme que malgré la trahison subie par le Québec, l'appellation de « nuit des longs couteaux » est exagérée. Celle-ci fait aussi référence à l'assassinat de centaines de collaborateurs nazis par Adolf Hitler, en 1934. 
 
René Lévesque et le Québec ont été abandonnés 
« Jamais nous n'accepterons qu'on nous enlève quelque pouvoir que ce soit, surtout des pouvoirs à la fois traditionnels et fondamentaux, sans notre consentement. » Le premier ministre René Lévesque a appris le 5 novembre, à 8 h du matin, qu'un document avait été signé pendant la nuit sans le consentement du Québec. Il a refusé de se rallier aux autres provinces, notamment car l'entente n'incluait pas de droit de retrait avec compensation financière d'un changement constitutionnel. 
 
Pourtant, la veille, Pierre Elliott Trudeau avait annoncé une alliance entre Ottawa et Québec autour de l'idée d'un référendum sur un projet de constitution et de charte des droits. René Lévesque avait ainsi vu un moyen de contrer la charte proposée par Trudeau, qui empiétait sur les droits linguistiques de la province. 
 
Un malaise qui subsiste 
Lors de la conférence constitutionnelle de 1981, Pierre Elliott Trudeau a accepté la formule d'amendement proposée par l'Alberta et appuyée par la majorité des provinces. Dans celle-ci, il n'y était plus question de droit de veto, ce qui était inacceptable pour le Québec. En 1982, Trudeau a présenté le rapatriement comme un grand accomplissement, mais celui-ci était accompagné d'un malaise. 
 
Le Québec n'a jamais signé le texte de l'accord constitutionnel. Jusqu'à aujourd'hui, tous les partis politiques québécois ont jugé ce qui s'est passé comme étant une injustice fondamentale. 
 
Écoutez la première émission sur le rapatriement de la Constitution canadienne : 
La bataille qui a précédé le rapatriement de la Constitution canadienne 
 
Référence 
La Bataille de Londres : Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel, de Frédéric Bastien, Les éditions du Boréal, 2013

EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - La « nuit des longs couteaux » : la Constitution rapatriée sans le Québec – Première PLUS

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