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Politique

Adrien Arcand, le disciple d'Hitler

Le mardi 23 février 2016

Le journaliste et homme politique Adrien Arcand
Le journaliste et homme politique Adrien Arcand     Photo : Université de Sherbrooke/auteur inconnu

Au Québec, dans les années 1930, le journaliste Adrien Arcand a fondé un mouvement fasciste canadien-français. Son parti et son journal affichaient la croix gammée d'Adolf Hitler et tenaient des propos ouvertement antisémites. L'historien et journaliste au Devoir Jean-François Nadeau trace le portrait d'Adrien Arcand (1899-1967) et raconte le contexte dans lequel est apparue sa dérive politique. 
 
Un tempérament combattif 
Fils d'un militant socialiste de gauche, Adrien Arcand fait des études incomplètes au Collège de Montréal. Dans les années 1920, il perd son poste à La Presse après avoir tenté d'y fonder un syndicat. Plus combattif grâce à cette expérience, il lance le journal satirique Le Goglu à l'été 1929, juste avant la crise économique. Il crée ensuite deux autres journaux, dans lesquels il parle de la conspiration des Juifs dans le monde. 
 
Le Juif comme bouc émissaire 
Arcand crée son premier parti en 1934, le Parti national chrétien. Disciple d'Hitler, il aime se faire appeler le führer canadien. Les membres de son parti portent des chemises bleues, associées aux ouvriers, sur lesquelles apparaît la croix gammée. Son discours nationaliste condamne la misère des Canadiens français et fait du Juif son bouc émissaire. 
 
Inspiré par des fascistes britanniques 
Le grand modèle d'Adrien Arcand est le fascisme britannique, où l'antisémitisme n'est pas l'armature de toute la pensée. Il est grandement influencé par des Britanniques comme Oswald Mosley et Hamilton Beamish. Arcand veut un grand Canada uni, monarchiste, royaliste et antisémite. 
 
Un fascisme commun, puis condamné 
Le parti d'Adrien Arcand n'est pas isolé avant la Seconde Guerre mondiale. Dans toute l'Amérique, il existe des mouvements fascistes similaires. Connu d'Hitler, Arcand dirige bientôt au Québec toutes les forces conservatrices fascisantes sous le Parti de l'Unité nationale. 
 
Excellent publiciste, Adrien Arcand fait croire que son parti est sur le point de prendre le pouvoir. Les listes de l'Unité nationale montrent pourtant qu'à la fin des années 1930, il n'y aurait pas plus de 2500 membres en règle, et ceux-ci seraient surtout des travailleurs issus de quartiers pauvres. 
 
En 1940, les autorités arrêtent Adrien Arcand et l'internent au camp de Petawawa. Dans l'après-guerre, il se présente comme candidat indépendant, mais finit par perdre son influence. 
 
Référence 
 
Adrien Arcand, führer canadien, de Jean-François Nadeau, LUX éditeur, 2010 


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