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Société

Le front commun syndical et la crise sociale de 1972 au Québec

Le mardi 10 janvier 2017

Une manifestation lors du front commun des syndicats québécois de 1972
Une manifestation lors du front commun des syndicats québécois de 1972     Photo : Archives de la CSN

Le 9 mars 1972, les 200 000 travailleurs syndiqués du secteur public québécois ont rejeté massivement les offres du gouvernement libéral de Robert Bourassa. Le même jour, les membres de trois centrales, réunis dans un front commun, ont voté pour la grève générale illimitée. L'ex-député du Bloc québécois et professeur d'économie au Cégep Maisonneuve Pierre Paquette raconte ce conflit de travail historique. 
 
Le front commun survient après deux rounds de négociation où le gouvernement avait une stratégie unifiée, alors que les centrales syndicales traitaient de sujets par secteur et par région. Il réunit des travailleurs de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et de la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ). 
 
Les revendications syndicales  
Les syndiqués demandent un salaire minimum de 100 $ par semaine pour tous les employés du secteur public. Ils souhaitent aussi la sécurité d'emploi, l'unification à la hausse des avantages sociaux et une clause d'indexation. Les salaires des secteurs de la santé et de l'éducation sont alors plus faibles que ceux du secteur privé. 
 
Selon Pierre Paquette, secrétaire général de la CSN dans les années 1990, le vote massif du 9 mars 1972 contre les offres du gouvernement ébranle la confiance de Robert Bourassa. Le premier ministre accepte alors la création d'une table centrale. 
 
Les chefs syndicaux condamnés à un an de prison 
Comme les troupes syndicales sont mobilisées, le front commun déclenche la grève générale illimitée le 11 avril 1972. La réponse du gouvernement est rapide et brutale. Il promulgue une loi qui suspend le droit de grève et donne d'importantes amendes aux contrevenants. Le gouvernement menace aussi l'ensemble des salariés du secteur public de décréter les conditions de travail pour deux ans s'il n'y a pas d'entente rapide. 
 
Les dirigeants des trois centrales syndicales du Québec – Marcel Pepin (CSN), Louis Laberge (FTQ) et Yvon Charbonneau (CEQ) – appellent les travailleurs à ne pas respecter cette loi. Même s'ils reviennent sur leur décision après 11 jours de grève, le juge de la Cour supérieure Pierre Côté condamne les trois chefs à un an de prison. Du 11 au 15 mai 1972, 300 000 travailleurs provenant des secteurs public et privé réagissent à leur emprisonnement en déclenchant une série de grèves. 
 
Une crise sociale salutaire pour les conditions de travail 
Le 12 mai, Robert Bourassa change le ministre responsable de la négociation. Il remplace Jean-Paul L'Allier par Jean Cournoyer, qui a été ministre du Travail sous l'Union nationale. Avec une volonté de régler le conflit, le gouvernement et les syndicats s'entendent pour des augmentations salariales plus importantes que prévu, une meilleure sécurité d'emploi et une clause d'indexation, bénéfique pour les travailleurs à une époque d'inflation galopante.  
 


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