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Société

La révolte étudiante acadienne de 1968

Le jeudi 20 octobre 2016

Étudiants de l'Université de Moncton en grève, en février 1968
Étudiants de l'Université de Moncton en grève, en février 1968     Photo : Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson, Archives de l'UdeM, UM (EV)-8453

Le 12 février 1968, les étudiants de l'Université de Moncton ont déclenché la grève afin de dénoncer une hausse des frais de scolarité. Deux jours plus tard, ils ont organisé une grande marche pour réclamer au maire Leonard Jones la reconnaissance officielle de leur langue par la ville, à 40 % francophone. L'historien Joel Belliveau raconte à Jacques Beauchamp ce mouvement de révolte et son contexte. 
 
Un sentiment d'injustice 
Avec l'élection de Louis Robichaud comme premier ministre en 1960, le Nouveau-Brunswick connaît un passage vers la modernité. Mais les changements ne s'accompagnent pas d'une reconnaissance de l'identité acadienne. 
 
En novembre 1967, le premier rapport de la commission Laurendeau-Dunton révèle que les Canadiens français ont un revenu moyen inférieur à presque tous les groupes ethniques et linguistiques au Canada. Un mois plus tard, l'Université de Moncton annonce qu'elle augmente d'environ 5 % ses frais de scolarité pour une troisième année de suite. Cette conjoncture mécontente les étudiants. 
 
L'Office national du film immortalise le mouvement 
Le président de l'Association étudiante acadienne met au courant de la grève Michel Brault et Pierre Perrault, alors en tournage au Manitoba. Les cinéastes se rendent donc à Moncton pour filmer les étudiants dans leurs actions. Ils les encouragent à dire le fond de leur pensée. En 1972, la sortie de L'Acadie, l'Acadie?!? entraîne l'organisation d'une marche contre la peur. Le film fait désormais partie de l'imaginaire acadien. 
 
L'Acadie, l'Acadie?!?, le documentaire de Michel Brault et Pierre Perrault : 
 
 
Des victoires qui ont tardé à venir 
La grève de février 1968 dure deux semaines, mais le mouvement de contestation reprend à l'automne avec l'occupation du pavillon des sciences. Une trentaine d'étudiants décident de mener cette action puisque la grève n'a rien donné. Ils demandent 30 millions de dollars au fédéral pour financer l'Université de Moncton. Ils n'obtiennent rien, sauf la prise de conscience des problèmes linguistiques qui existent dans leur ville. 
 
Un premier gain a lieu en 1974, lorsque les Acadiens du Nouveau-Brunswick obtiennent le contrôle sur l'enseignement en français, avec la mise en place de la dualité linguistique par le ministère de l'Éducation. Mais à Moncton, il faut attendre 2002 avant l'adoption du bilinguisme officiel. 
 
Référence 
 
Le « moment 1968 » et la réinvention de l'Acadie, de Joel Belliveau, Les Presses de l'Université d'Ottawa, 2014


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