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André Martineau

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Société

Débarquement de Normandie : des mots croisés sous la loupe des espions

Le vendredi 6 juin 2014

Une grille de mots croisés
Une grille de mots croisés     Photo : iStock

Les préparatifs du débarquement du 6 juin 1944 ont été rigoureusement tenus secrets. Le service d'espionnage de Sa Majesté, le Mi5, gardien de ce secret, enquêtait sur les officiers trop bavards, sur les soldats indiscrets et même sur les mots croisés mystérieusement révélateurs dans les journaux. 
 
Le 2 mai 1944, dans le journal Telegraph, un indice de la grille de mots croisés se lit comme suit : « Un parmi 48 ». La réponse est « Utah ». Deux semaines plus tard, autre indice : « Peau rouge sur le Missouri ». La réponse : « Omaha ». Ces deux mots, « Utah » et « Omaha », ont en commun d'être des États américains qui ont été utilisés comme noms de code ultrasecrets pour désigner des plages du débarquement. Est-ce le fruit du hasard?  
 
Le Mi5 enquête 
En cherchant, le Mi5 découvre que dans les mois précédents le débarquement, les trois autres plages figurent aussi aux mots croisés du Telegraph : « gold », « sword » et « juno ». Le 27 mai, un autre mot suspect apparaît : « Overlord », soit le nom du plan d'invasion dans son intégralité. Voilà qui est encore plus préoccupant. Tous ces mots, et plus encore, se retrouvent dans des mots croisés lus par plus de 1 million de Britanniques chaque jour. La situation est inquiétante au plus haut point. 
 
Le Mi5 rend visite au verbicruciste 
« Comment ces noms de code, hautement confidentiels, se sont-ils retrouvés dans vos mots croisés? », demandent les agents à Leonard Dawe. Mais Dawe n'y comprend rien et n'a aucune explication à leur donner. Après une fouille en règle et plusieurs heures d'interrogatoire, les agents du Mi5 s'en retournent bredouilles. Leur conclusion : rien de plus qu'une troublante coïncidence.  
 
Des mots ultrasecrets entre les mains d'écoliers 
Il faudra attendre plus de 40 ans pour qu'émerge une tentative de réponse, que voici : le créateur de mots croisés Leonard Dawe était aussi instituteur. Comme exercice, il demandait souvent à ses écoliers de remplir des grilles vides avec des mots de leur choix, des mots qui parfois se frayaient un chemin jusqu'aux pages du Telegraph. Il s'est avéré que certains de ces garçons jouaient aussi avec des soldats canadiens et américains, campés non loin de l'école. C'est peut-être de là qu'ils auraient appris ces mots ultrasecrets.


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