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André Martineau

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Société

Retour sur la tragédie du Lac-Saint-Jean

Le lundi 11 février 2013

Construction du barrage de L'Isle-Maligne près d'Alma, Québec, en 1924 / © Adqproductions, Wikipédia
Construction du barrage de L'Isle-Maligne près d'Alma, Québec, en 1924 / © Adqproductions, Wikipédia

La semaine dernière, le gouvernement du Québec annonçait l'abandon de projets de construction de minicentrales hydroélectriques dans plusieurs régions de la province. La controverse entourant ces projets ne date pas d'hier. Aujourd'hui et demain, André Martineau revient sur un chapitre de notre histoire qui date de 1926, époque où le développement hydroélectrique a nui à une centaine de fermiers du Lac-Saint-Jean. 
 
C'est dans les années 1880 que le Lac-Saint-Jean est relié au reste de la province par voie ferrée. Avec son agriculture très développée, on prédit que le Lac deviendra le grenier alimentaire de la province. Les villes de la région en bénéficient également. Chicoutimi prend de l'expansion grâce à la pâte à papier et au bois dravé sur la rivière Saguenay.  
 
Vient alors l'idée de bâtir un barrage à l'embouchure de la rivière Saguenay sur le lac Saint-Jean. Les agriculteurs sont méfiants et craignent pour leurs terres, qui pourraient être inondées. Le 24 juin 1926, leurs craintes se confirment. Tous les riverains sont touchés, et de nombreuses terres agricoles disparaissent. 
 
La compagnie Duke-Price, responsable du développement hydroélectrique sur le lac Saint-Jean, y a bâti une série de barrages. Le niveau de l'eau a monté tout au long de l'année pour culminer à 5 mètres au-dessus de la normale.  
 
Au lendemain des inondations, Onésime Tremblay, un agriculteur influent et particulièrement touché par la tragédie, forme un comité de défense. Mais, le progrès ne cesse pas sa course, et il est difficile pour Tremblay et les gens qui l'appuient de faire entendre leurs voix. D'autres importants acteurs de l'industrie s'en mêlent, notamment l'Alcan, qui s'installe dans la région et développe Arvida, la ville qui l'accueille. Les besoins de la compagnie en électricité sont énormes. Les revendications d'Onésime Tremblay sont présentées comme étant antiprogressistes et il est maintes fois rabroué par les hommes politiques qu'il rencontre.  
 
Homme de conviction, Onésime Tremblay se battra toute sa vie pour la reconnaissance de l'injustice vécue par les fermiers du Lac-Saint-Jean. Si les agriculteurs en cause touchent des compensations, Tremblay, lui, sera ruiné. Onésime Tremblay meurt en 1947 après avoir fait faillite. La ferme familiale est vendue et redonnée à Raoul, le troisième fils d'Onésime Tremblay, grâce à un geste de solidarité des voisins.


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